Regard sur l'année écoulée... La première image qui me vient à l'esprit est la mort de mon grand-père. Cela me procure un profond sentiment de paix teinté en arrière fond d'un trait à peine perceptible et diffus, une sorte de douce mélancolie. La seconde image est un souvenir plus vaste porté sur mon boulot d'entraîneur, un souvenir pesant, nourri d'une amertume naissant de la profonde déception de ne pas avoir obtenu le titre avec mon équipe de jeunes, en contraste de l'investissement énorme que cela implique. Puis d'autres images... la saison estivale me procure une sensation d'étrangeté... Oui, l'été 2006 aura été étrange... (warff, ça me fait penser à la réplique de Claude brasseur dans Camping : "ç'aura été vraiment un été bizarre..."). Et puis l'errance de ces derniers mois... Je n'ai pas connu pareil état depuis bien longtemps...
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L'année dernière à cette même époque, j'ouvrais la rubrique "vie en vrac" une manière de relire mon parcours qui m'avait conduit jusqu'ici... Et j'entrais pleinement dans une phase d'intense créativité marquant une sorte d'exact accord avec soi-même, une profonde intimité avec les choses, conduit par les mots d'un maître à penser, Rainer Maria Rilke. Une action en marche, entière expérience. Il advenait alors un univers intérieur... Sourdre : poème et mix... Diaphanie : expérience d'un soleil d'hivers et mix... qui s'ouvrait sur une constellation : mix.
Marqué d'une recherche incessante, d'une attention rêveuse, mais aussi et surtout d'un pressentiment, d'une intuition profonde, je multipliais les regards, les lectures, par delà nature et culture, le livre de la pauvreté et de la mort, le peuple dans la nuit...
Mais la vitalité du début d'année tendait à s'atténuer et la vie intérieure devenait lente et fastidieuse introspection, brulées par l'ardeur au travail et blessées par une réussite qui m'échappait...
Au coeur de cette désillusion quotidienne, je touchais pourtant à une réalité autrement plus large...merveilleusement libre... ce fruit que chacun porte en soi, qui doit mourir, pour naître à l'enchantement primordial.
Sensations pleines d'un sweet dreamer... rêveur tristement égaré... explorant des fragrances, des formes esthétiques... et consentant avec le rythme lent qu'est le sien de devenir petit à petit , ce qu'il pressent en lui, ce qu'il est au fond finalement, et ce que venait paradoxalement confirmer la mort de son grand-père.
La lente transition vers l'été me donnait donc tout le temps et le loisir d'explorer ces idées prégnantes, prendre le risque de vivre sa vie, intensément... devenir ce que je suis. So enjoy, freedom starts in your mind !
Mais voilà, au soir de l'été, mon univers a été terriblement défiguré et mon coeur s'est fermé, s'est recroquevillé et s'est durci sous un blanc silence. Malgré quelques inspirations, début septembre, l'émerveillement devant la nature et notre monde, mon sanctuaire s'est rapidement verrouillé à moi-même.
Je me suis alors senti comme éloigné de moi, asphyxié par le quotidien. Pourquoi? je ne ressentais que souffrance, supplice, qui ne faisait que renforcer mon intrangisance professionnelle. J'essayais bien de capter au quotidien des émotions, des sensations, mais il n'y avait que ces putains d'affects bordéliques, cri viscéral, résonnances, ayant conduit inéluctablement à cette crise.
Depuis les recherches, les pensées, les inspirations, n'en deviennent que plus confuses... Les fêtes de fin d'année m'ont cependant permis de me poser un peu et depuis quelques jours, je retrouve joie au travers de la musique, plaisir à mixer... l'acquisition du final scratch m'a ramené du ludique et m'a conduit à une nouvelle vitalité...
Une life tout ce qu'il y a d'excitant en somme, entre merveilleux et tragique...
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La vie est quand même étonnante avec ces revirements de situation inattendus où l'on croit que l'on va se perdre et qui en fait ouvre totalement d'autres perspectives.