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Méditation : Le livre de la pauvreté et de la mort. R.M. Rilke

Mon grand-père est mort. Mercredi après midi à l'heure secrète et silencieuse de la sieste. Pris par mes activités, je n'ai appris la nouvelle que le lendemain matin, réveillé par le téléphone, la voix douce et retenue de ma chère mère... L'atmosphère sourde du matin m'enserre. J'ai pensé tout de suite à l'évangile de Lazare. "Voyez comme il l'aimait" (Jn 11, 36). M'est revenu tout ce cheminement qui m'a conduit jusqu'ici aujourd'hui, la recollection sur cet évangile pour la Pâques 2005, le grand jubilé des soixantes ans de mariage de mes grand-parents... Et puis imperceptiblement, j'ai avancé durant l'hivers dans la longue méditation du livre de la pauvreté et de la mort de Rainer Maria Rilke. Au fond de moi, naissait le pressentiment qu'il allait se passer quelque chose de très important pour l'avenir de la famille. J'attendais l'évènement proche non sans crainte, mais avec plein d'espérance. La longue méditation m'imprégnait et l'Esprit venait à me pénétrer. Je crois qu'au file des jours, je me suis attaché à cette terrible vision de l'essentiel, la mort prochaine et ineluctable de mon grand-père, puis surtout l'amour qui la supporte et la transfigure. L'homme doit à l'avance approuver sa mort, la faire vivre en lui avec amour. L'homme qui n'a pas créé sa vie tremble de peur devant la mort parce qu'elle lui apparaît sans face. Je sais au fond de moi la grâce qui m'est offerte chaque jour de sculpter la face de ma vie. C'est en portant ces graves pensées que j'ai visité une dernière fois mon grand-père le 1er mai. Qu'ai-je fais pour accueillir une telle assurance ? Peut-être un coeur qui n'en finit pas d'éclore à la grande promesse..
Et le décès de mon grand-père me révélait de quel ordre de grandeur devait être notre vie devant la grande mort. C'est celui de la pauvreté. C'est celui du dépouillement en nous de tout ce qui n'est pas le feu de l'amour. La vraie pauvreté, la mort à soi-même dès cette vie.


O mon Dieu, donne à chacun sa propre mort,
Donne à chacun la mort née de sa propre vie
où il connut l'amour et la misère.

Car nous ne sommes que l'écorce, que la feuille,
mais le fruit qui est au centre de tout,
c'est la grande mort que chacun porte en soi.

Tag(s) : #pensées...

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