Musique : the sky is broken, Moby
Like : réunion du staff technique...
Dislike : une classe maternelle en grand bain...
Méditation : la vie est un sport de contact

Hier soir, fatigue d'une fin de journée, je m'assoupie devant "L'enfer du dimanche". Pour finir de m'endormir, j'écoute cette mélodie solitaire d'un autre univers... Et alors, enfoui dans la nuit, des larmes me montent aux yeux. Bien plus que ces simples larmes de fatigue lorsque je me frotte les yeux aux paupières alourdies. Ce sont là des larmes qui viennent de loin, l'expression pleine et entière d'un corps rompu, d'une tension lontemps contenue, celle d'une saison sportive qui s'achève. Mélange incroyable d'émotions étranges, douces et amères à la fois. Le soulagement d'un devoir accompli et pourtant l'immense regret de n'avoir obtenu le titre. La douleur sourde et vivante d'efforts consentis, de souffrance endurée parfois, de sacrifices exigés mais aussi la générosité d'un engagement total, l'intensité d'un combat, la joie de se réaliser. Je pense à la scène finale de Kill Bill vol2... Pleins d'images se bousculent dans ma tête. Sensation forte dans l'instant d'être ici, là et pas ailleurs, à l'exact place qui est la mienne.
Je repense à tout ce qui s'est passé depuis ces quelques dernières années. Mes années universitaires et ma sincère motivation de devenir professeur d'EPS. Puis les échecs répétés et de plus en plus douloureux au capeps. Et alors cet exode sur Paname pour tenter ma chance dans le polo et me construire une âme d'entraîneur. Ce n'est pas si évident quand on a pas une carrière de grand joueur qui parle pour soi. Je pense à mon arrivée ici. Je pense à ces deux saisons sportives si denses où j'ai tant appris...

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Au cours de ces années, de ce long cheminement , il en ressort un revirement de conscience. Et je découvre toujours plus par le sport ce que peut être l'engagement entier, cet engagement que je cherche vaguement à cerner dans ma vie intime, dans ma vie spirituelle. J'ai longtemps courru auprès de la reconnaissance de mes paires (de mes pères...), la recherche constante d'une certaine considération, au risque de faire ce qu'on attendait de moi. Ce qui parfois se traduisait à contrario par une certaine duretée envers soi-même, empêtré dans cette image de perfectionniste qui n'a jamais été la mienne. J'ai toujours été énervé de mon manque de volonté et de persévérance, incapable de me concentrer, passablement paresseux, souvent agacé de cette désinvolture qui m'habitait et en même temps fasciné par mes rêveries, mon indolence au visage d'ange... j'ai plongé dans cette fascination intérieure, oubliant peu à peu, et sans vraiment m'en rendre compte, tout ce qu'il y avait autour de moi, pour découvrir un autre monde, plus profond. Découvrir cet autre en moi, découvrir les autres, le Tout-Autre. Je me suis ouvert à ce monde, vivant chaque instant présent avec toujours plus d'intensité... jusqu'à l'oublie de soi, de soi et de ce petit monde que l'on a érigé autour de soi... Alors plus rien d'autre ne compte au regard de l'oeuvre pour laquelle on travaille, au service de laquelle notre talent est mis à profit.

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La saison n'est pas totalement achevé pour l'ensemble des catégories que déjà se prépare dans l'ombre la rentrée prochaine. Je suis conforté dans mon poste d'entraîneur, amené à suivre en catégorie supérieure la génération que je forme actuellement, devenant du même coup responsable des classes à horaires aménagées. Je ne suis plus seulement un gardien du temple aquatique, je tends à devenir un oracle...

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"Je crois fermement que pour tout homme, la plus grande gloire - l'aboutissement de tout ce vers quoi il tend - vient lorsqu'il s'est bravement battu pour la bonne cause et gît, épuisé, sur le champs de bataille, victorieux." Vince Lombardi

Tag(s) : #Oracle au temple aquatique

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