Zoolook Project variations électroniques sur la vie

Comblé

Zoolook
Musique : "A magical journey" Ajana records
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Méditation : Où est l'homme qui désire la vie épris de jours où voir le bonheur ? Ps 34,13

Ce week-end j'ai revu quelques amis de-ci de-là. Ce fût une réelle joie. J'aime beaucoup renouer avec ces personnes dont tu sais que la distance et le temps faisant, l'amitié ne perdra pas pour autant de sa valeur. Bien au contraire l'absence prolongée transfigure la relation et c'est avec un plaisir renouvelé que l'on rencontre les personnes. C'est alors que leurs mots déposés sur notre regard nous révèlent à nous-même.
Un copain me dira : "Clém, j'avais oublié que tu étais fou dans ta tête !". Je ne peux que rire de ma folie douce, de ce rire de Joker dans Batman. Oui, un fou de Dieu comme il y a un fou du roi... Un autre soir, un autre pôte : "Quand je t'ai connu, je n'aurais jamais cru te voir ainsi. - ha bon !? - Oui, tu es cultivé, tu apprécies les choses..." Un peu dérouté par cette remarque inopinée. Ces mots qui tout à coup nous parlent de ce que nous sommes faits, de ce que nous avons à assumer.

C'est peut-être pour ça que ce soir, j'ai envie de dire que je suis heureux. J'ai envie de le clamer haut et fort. Souvent on pense que c'est arrogant d'afficher cet amour de soi, d'affirmer son bien-être, que c'est déplacé par rapport aux autres qui n'ont pas forcément cette joie de goûter au bonheur. Surtout en notre époque individualiste où la matière première est le moi affiché (dans des blogs par exemples ;-). Mais n'est-ce pas au coeur du désir de tout homme que d'être heureux ? Chacun ne cherche-t-il pas une manière de vivre qui le comble ? Dès lors, n'est-il pas normal de vouloir de temps à autres se retrouver soi-même, d'être en accord avec soi-même ?
Voilà qu'il faut veiller avant toute chose à cultiver l'humanité qui est en soi, une humanité fragile et délicate qui prend naissance autour de soi. Savoir distinguer la beauté sauvage de ce monde et de ses habitants, en partager la splendeur avec d'autres pour que notre vie prenne le goût d'une existence qui mérite d'être vécu. L'estime de soi conforte la possibilité de s'ouvrir au monde, elle construit la capacité de se donner librement aux autres, alors que le culte de soi enferme et ronge de l'intérieur. La frontière est là entre s'aimer et se préférer, entre s'occuper de soi et se préoccuper de soi.
Je crois surtout que c'est une manière d'aimer et de s'aimer que de se reconnaître fragile aux autres. Plus on est à l'écoute des personnes, plus on se rend vulnérable, car écouter l'autre, c'est se laisser approcher, apprivoiser, c'est se laisser atteindre en plein coeur. C'est laisser entrer l'humanité de l'autre dans notre coeur. Don de soi et amour de soi se nourrissent l'un de l'autre.
Je suis heureux non d'un bonheur aux traits mondains, mais d'un bonheur simple, enraciné dans la vie, parce que mon quotidien est rempli de sens. Clarté de sens rendue par une vie authentique à la mesure de ce que je suis, sans prise de tête quoi. Alors confiant dans cette vie belle et bonne, on a à coeur de partager ces moments avec d'autres, de se donner pleinement dans l'instant. Le souci s'oublie, la joie se diffuse. Parce que la vie au quotidien nous comble de cette joie échangée, tout le monde autour de nous reçoit d'être comblé. Aucune gloire, aucun héroïsme, sinon de vivre.

 
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Commentaires
Z
Cool pour les enceintes, tu vas pouvoir écouter les petites trouvailles...
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R
j'aime beaucoup ce texte et la vérité qui en découle sur la vie.<br /> j'apprécie te lire :)<br /> <br /> bonne continuation pour tes projets.<br /> <br /> ps : A magical journey c'est très doux, un plaisir à écouter (j'ai maintenant des ptites enceintes de pc sur l'ordi du net).<br /> <br /> a+
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Z
PS : l'article est inspiré des différents chroniques lues dans le dernier numèro du mensuel "Panorama", notamment un très bel entretient avec André Dussolier.
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Z
Bonjour et merci pour ce petit mot.<br /> Oui, c'est vrai qu'au-delà de se sentir fragile, vulnérable, emprunté et empêtré dans nos tourmentes, nos considérations envers les autres, s'aimer, c'est avoir la possibilité de dépasser cette première vue. Et là, point de combat et de lutte contre ses tracas, mais une profonde tendresse pour ce que l'on est, quelque part une sorte d'affection amusée et innocente.<br /> Concrètement, pour ma part, quand "ça coince", pour me décentrer de moi-même à trop me juger, je sors faire une ballade dans la rue, se poser dans un parc, aller dans la forêt pas loin de chez moi, faire un tour de vélo... et surtout, ne pas se promener tête basse, mais lever la tête, respirer plein poumon (pas facile en ville ;-) ...), ouvrir les yeux, fixer son attention sur ce qui nous entoure. Et alors, petit à petit, on découvre qu'il y a autre chose d'essentiel... tout un petit monde qui vit...<br /> <br /> Je vais acheter mon pain, le journal par exemple ausi, occasion de rencontres... Prendre le temps de se laisser aborder, peut-être interpellé par une remarque, un mot... Tout recevoir pour ouvrir les champs de possibilité de la vie.<br /> <br /> Et surtout, surtout, nous apprendrons à regarder les autres comme l'on se regarde soi-même, fragile et vulnérable... Car derrière toute carapace se cache des quêteur de sens. Sur les chemins de notre quotidien, nous rencontrons, d'autres chercheurs de vie, d'autres personnes assoiffés d'absolu, d'autres acteurs de solidarité, des hommes et des femmes en attente de plus de vie. Et ce jour-là, nous n'avons pas à les écarter de notre vue, les rejeter loin de notre coeur parce qu'ils ont de la difficulté à se reconnaître dans notre foi ou nos croyances, ou encore parce qu'ils sont à l'aube d'une toute première émotion envers la marche de ce monde... Nous devons être attentifs au travail de vie qui se réalise en eux, même si ce premier souffle est encore faible et haletant.<br /> Voilà, qu'en ces quelques lignes nous nous sommes décentrés de nous-mêmes pour nous tourner vers les autres. La vie est là, qui nous attend patiemment.
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N
" Je crois surtout que c'est une manière d'aimer et de s'aimer que de se reconnaître fragile aux autres. Plus on est à l'écoute des personnes, plus on se rend vulnérable, car écouter l'autre, c'est se laisser approcher, apprivoiser, c'est se laisser atteindre en plein coeur. C'est laisser entrer l'humanité de l'autre dans notre coeur. Don de soi et amour de soi se nourrissent l'un de l'autre. "<br /> <br /> J'aime particulièrementcette phrase mais jaime vraiment le sens de ce texte : fragiles et vulnérables mais capable de sortir de soi pour aimer , et aimer la vie en ses petites choses simples ....en ses petites beautés cachées ..je ne sens bien en accord acec cette manière de voir et dde dire si simplement de grndes choses .<br /> NicoleA<br />
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P
épaté de ce que quelques paroles arrivent à dégager de ce petit bonhomme que tu es...je suis loin d'etre à la hauteur spirituel que tu dégages mais je t'avoue que cela fait beaucoup de bien de te lire.<br /> Bise.
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A
Trés beau texte sur l'art et la manière de vivre. J'apprécie.<br /> Gros bisou de Montréal
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