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Il s'agit de faire un renversement de valeur : l'individu ne doit plus être au service du temps, mais au contraire, le temps au service de l'individu. L'homme doit s'évertuer à librement
disposer du temps. Là encore, le temps rythmé, cadencé, mesuré ne doit plus conditionner notre présence au monde, mais l'inverse : c'est notre présence au monde qui détermine notre forme
de mesure du temps jusque dans la prééminence de l'instant. Etre moins redevable du passé, donc de la nostalgie, du regret, du
remord, et du ressentiment aussi ; être moins redevable du futur, donc de l'illusion, du rêve, de l'espérance, de l'incertitude tout aussi angoissante. Mais avoir la volonté d'investir
pleinement l'instant présent. D'en retirer les plus grandes satisfactions. D'en ressentir toute la densité. Car notre présence au monde, subjective et singulière, n'adviendra
définitivement qu'une seule et unique fois, dans des circonstances sans cesse nouvelles. Mesurons là toute la préciosité de l'instant, et par là-même toutes les potentialités qu'il
recèle. Sachons profiter du moment présent : plongeons dans celui-ci avec ferveur et en toute innocence afin d'imaginer, d'inventer et créer des occasions qui permettent l'émergence de
durées magnifiques. La question ultime se réduit à l'emploi du temps qui nous est imparti : Qu'est ce que tu fais de ta vie ? Qu'advient ton existence révélée dans ta présence au monde
?
C.C.
01/2009
Prolongement :
- chronique #95 : prendre son
temps
- Patrice Bollon, Manuel du contemporain, 2007
- Michel Onfray, La sculpture de soi, 1996
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