Voilà, ce relant de forces obscures, noeud de pulsions complexes qui refaisait surface, cet ensemble d'images, d'émotions fortes, de paroles qui venait à s'exprimer à nouveau dans les rêves jusqu'à porter influence sur ma personne s'expliquait par le fait que j'étais rattrapé par le passé, d'abord ce passé proche que j'avais voulu quitté et que je voulais maintenant oublier, mais aussi ce passé lointain, devenu souvenir se confondant avec l'imaginaire...
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Dimanche 6 février - Accession Semaine à venir plutôt cool puisque je retourne sur Lyon pour passer le CAPEPS mardi et mercredi. Oui, enfin, en même temps, cela peut paraître paradoxal. Mais vu le rythme de vie que j'ai, je n'ai pas eu trop le temps de me plonger dans les bouquins pour quelques révisions. Puis ma nouvelle petite vie ne me donne pas trop envie de ressasser le passé ou de forcer le destin... En fait je raconte n'importe quoi, j'en sais trop rien... Envie simplement peut-être d'oublier les années difficiles de préparation au concours.
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Plusieurs choses venaient ici s'entrechoquer. Mélange complexe d'attitudes, de normes, de conventions, refusées, niées, réprimées, refoulées, également des qualités ou des dons que l'on se refuse à voir comme tel, mais aussi de rêves, d'espoirs, d'aspirations, tristement déçus, rejetés au loin, grand désillusion... D'abord l'arrachement aux seules valeurs et convictions familiales. Puis ce perpétuel conflit intérieur avec la norme sentencieuse, l'ombre institutionnelle, constamment angoissé dans mon métier d'éducateur de mimer ou de reproduire ce qui m'a longtemps révolté, la mise en échec scolaire, l'exclusion par le préjugé, le jugement trop hatif, dont j'ai fait parfois les frais... Dès lors à contrario cette soif de reconnaissance, ce rêve inavoué de réussite sociale, de promotion plus que d'épanouissement. Une carrière professorale longtemps rêvée qui n'aboutit pas... Et là aujourd'hui, il fallait à nouveau faire face à tout cela en retournant dans sa patrie pour se confronter encore à l'institution. Repasser le Capeps.
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Mardi 8 février - trou noir Souvenir doux-amer du trou noir que fût l'hiver 2002... Plongeon dans la mythomanie, devenant fantôme, mort vivant aux marges de la socialité... Etre oublié au coin d'un parking bétonné d'un magasin désaffecté, quelque part dans une quelconque zone industrielle vétuste. S'oublier dans les chimères reposantes. Oublier ce que l'on ne sera pas et que l'on force pourtant à mimer. Dès lors tension extrême, pulsion de haine envers soi-même, de méprise envers les autres. Répulsion d'un monde qui divise, sectorise, hiérarchise, évalue et enferme définitivement. Alors on s'accroche un temps à cet être qui nous révèle le peu d'âme qui nous reste, Elle que je voudrais serrer contre moi, la garder pour moi, la posséder de mes rêves, l'emmener dans mon univers. Coeur de violence... Retour des vieux démons. Mais depuis j'ai appris à les aimer. Et j'apprécie parfois leur visite au creux du soir ou dans l'aube hésitante. Nous nous rappelons nos vieilles querelles d'antan. On en sourit. Quelque part je m'irrite parfois, péché d'orgueil, mais je m'accorde avec amour de ma vie maladroite et fragile et de temps à autre j'exulte devant ce tragique éprouvé ayant rendu mon existence plus dense, ma vie si sacrée, élevant ma personne à sa dignité, un pathétique riche et précieux qui fait de moi ce que je suis au plus simple du quotidien, un homme.
Mercredi 9 février - Cendres Retour en la chaumière. Ce fût un voyage délicat ces deux jours. Car il a fallu affronter les spectres d'une institution sentencieuse. Difficulté de croire encore aux forces de l'éducation nationale, "le savoir/pouvoir officiel, celui qui se contente de délivrer des certificats de conformité, celui qui s'emploie à l'asepsie de la société et du savoir en rendant compte". Satisfaire aux attentes d'un jury qui a la prétention de penser le monde, simplement préoccupé par le savoir abstrait. Il n'y a plus d'adhésion aux principes de façade qui semble ne plus avoir aucune prise sur la réalité de l'existence. La frustration est forte mais faut-il pour autant renoncer ? Renoncer à comprendre, à participer, à construire ? Enfin sinon ce fût l'occasion tout de même de revoir les pôtes de fac autour de l'apéro offert par le BDE... Mais il s'égrène une certaine forme de fatalisme dans les conversations. Poussières inéluctables...
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Puis quelques jours plus tard, coïncidence ou pas, je la revoyais, Elle qui m'avait accompagné durant ces années... De la même manière, cela entraînait la résurgence de vieux Démons, tensions chaotiques d'un désir parfois mal compris.
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Samedi 12 février - soirée crêpes Hier soir je suis allé chez Elle. Elle m'avait invité à une soirée crêpes. Occasion de se revoir depuis le temps, tant de temps... Depuis que je suis sur Paris je n'avais pas encore eu la possibilité de la rencontrer. Enfin voilà... Tout joyeux comme des gamins qui ne s'étaient pas vu depuis si longtemps. Oui, le temps... Le temps a fait son oeuvre. Et s'est édifiée autour de chacune de nos personnes une histoire. Veiller à ne pas la transformer en mythe, tout au plus en comte sans trop forcer le personnage que l'on se construit ou que l'on nous attribut. Enfin plaisir de La revoir, de les revoir, ainsi que Marion, copine de fac devenue prof, tandis que moi j'étais encore égaré dans les couloirs du campus... Complicité à la duplicité parfois troublante... Au cours de l'échange des anecdotes refont surface. Je ne peux m'empêcher de penser à la pub pour une assurance : les filles, la fac, les copains, la fille, l'amour, la femme, la vie, moi, etc, etc... Ainsi que sa parodie par les guignols de l'info pour critiquer le Medef... Je ne sais pas pourquoi... Peut-être parce que vieux délires de jeunes dans cet appart, un soir d'après match complètement cramé. Encore la versatilité... Enfin bref souvenir à la fois ludique, jubilatoire et aussi un peu morne avec une certaine délurée...
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à suivre...
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