Voilà qu'enfin début décembre 2004 j'emménageais dans mon appartement en région parisienne, alors que je commençais à prendre assurance en mon nouveau poste d'entraîneur (04/12/04). L'esprit en était plutôt à la fête (08/12/04) et je profitais pleinement de ces premiers instants de vie solitaire pour en capter toutes les nuances et toutes les formes :
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17 décembre 2004 : Réveil sourd et léger dans la chambre close et silencieuse. L'odeur du café qui finit de se faire dans la pénombre de la cuisine. Par la fenêtre, le halot de lumière pâle du lampadaire qui tente de fendre l'épais brouillard. Prendre les clés sur la commode, éteindre la lumière dans la discrétion du matin pour laisser à son mystère cet appartement encore inapprivoisé. Sur le chemin de traverse, la terre est gelée, annonçant les premiers froids de l'hiver... la piscine sommeille encore un temps, préservé de la foule enfantine et sauvage. Il se dégage de ce lieu une atmosphère souterraine et pure, une composition entre féminin et masculin, sagesse et folie... je deviens le garant de cette harmonie évanescente, métamorphosé en gardien du temple aquatique.
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Cependant, renouant avec mon matériel, je réinvestis très vite mes platines et mon ordinateur, pressentant en moi la nécessité et l'imminence d'aboutir de ces songes qui m'étaient devenu familier depuis ce début d'automne. Je voulais concrétiser ce conflit inévitable, inconciliable, entre l'exigence aiguë de la réalité et l'élan infini du rêve, qui avait pris forme en des variations inouïes durant ces derniers mois pour sombrer dans le crépuscule automnal, Abîme. Mettre en son l'errance la plus rude et la plus aride, faite parfois d'illusions et surtout de désillusions aux reflets de vieilles traces nostalgiques. Et quelque part finalement me débarrasser un peu vite de cette pression. Le mix aux ambiances feutrées en gardera un goût d'inachevé. Car montait en moi dans un rêve sourd au milieu de ce tumulte quelques réponses à ma quête incessante d'infinie, prenant les formes d'abord travaillée de "Passeur" et "Transit", quelque peu préparée avec "Abîme", les formes enfin libérées et envolées de l'exode. C'est cette immensité ouverte devant moi que je voulais contempler. Embrasser l'univers. Mais il avait fallu au préalable se défaire de ses errements, travailler au corps cet intérieur, jusqu'à en fouler sa terre natale, pour que du fond de mes entrailles naisse au monde une mélodie nouvelle. Car voilà peut-être que "La liberté aérienne du rapport total à l'univers ne s'acquiert que dans la difficulté de ce qui pèse, dans le poids de ce qui est difficile" (Claude Porcell, introduction à Lettres à un jeune poète de Rilke).
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18 décembre 2004 : Fin de premier trimestre s'achève pour laisser place aux fêtes de noël. Effet de soulagement, de ne plus vivre en apnée mais de souffler, d'expirer, d'extérioriser. De ne plus être suspendu, en retenu, en contrôle permanent de toutes choses, mais de laisser aller, de se dessaisir de soi.
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Exode clôture ce cycle de 4 mixs qui a accompagné cette période de changement de vie tout au long de ce deuxième semestre 2004. Il a, semble-t-il, dessiné les traits d'une pensée à la fois heureuse et craintive de partir à l'aventure, parfois torturée, souvent peu claire et ambiguë, mais surtout fascinée de cet ailleurs s'ouvrant devant elle. Ce dernier mix exprime tant ce long cheminement...
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23 décembre 2004 : Accueil chaleureux de la famille en préparatif de fête. Mais trop de couleurs chatoyantes, trop de musique de circonstance, trop de convenances. Je préfère me retirer dans ma chambre vide, trace d'une absence, signe de cet exode éprouvé. Ce minimalisme est rassurant de simplicité, reposant. Semblant garder l'essentiel, il ne fait que souligner ce noeud de forces, ce point nodal d'énergie, cette croix en faïence bleu océan suspendu au mur. Cette source de vie qui fût dès sa naissance l'origine de tous les mystères, de toutes les contradictions, de toutes les craintes et de toutes les fascinations... ce Tout-Autre.
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à suivre...
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