Je tombe sur un article de Télérama (excusez de la référence...) expliquant que "devant la multiplication des désastres de grande ampleur, se développe chez les philospohes mais aussi chez les scientifiques un 'catastrophisme éclairé'." Optimisme naïf ou réalité d'une frange de la population qui prend doucement conscience du "déluge" à venir ? Car il faut bien se l'avouer, malgré tout ce que nous apprend l'actualité et les connaissances scientifiques, nous restons passifs devant les catastrophes qu'engendre notre course au progrès. "Les citoyens 'savent' que le réchauffement climatique fait peser une grave menace sur l'humanité, parce que les scientifiques ne sont plus les seuls à les alerter : ouvrages de vulgarisation, magazines télé ou radio, articles de presse, forums sur internet ne se comptent plus. La vraie question donc : pourquoi, alors que nous 'savons' agissons-nous si peu ?"
La réponse est simple pour ces philosophes, parce que l'individu ne se sent pas responsable. Pour être extrêmement juste, il faudrait même dire "directement responsable". L'individu ne se sent pas concerné par quelque chose qui ne le touche pas directement. Et oui, le problème est bien là, que l'ampleur de la catastrophe se verra demain pour tout le monde provoqué par l'ensemble des individus participant tête dans le guidon à la fuite en avant du progrès.
Alain Finkielkraut (encore lui) explique que "L'époque exige de nous une conversion, un passage du 'principe espérance' - qui suppose la maîtrise totale de la nature par la science et le progrès pour améliorer le sort des hommes - au 'principe responsabilité'. Pourquoi ? parce que la fragilité a changé de camp. L'homme vivait précaire dans une nature écrasante et immuable, c'est la nature qui est devenue précaire et vulnérable. Etre responsable, ça veut dire répondre d'une chose fragile qui en appelle à vous. Les citoyens ne se sentent pas coresponsables de la chose publique, et a fortiori du monde, ou de la Terre."
L'auteur de l'article nous invective : "Comprendre que nous sommes la source du mal, mais que nous n'en sommes pas « responsables » ; faire « comme si » la catastrophe était notre destin ; admettre que la technique ne résoudra pas tous les problèmes posés par la technique ; savoir enfin que nous n'avons pas de planète de rechange - que n'existe pas la possibilité d'une île - et que seul un devenir donne sens à l'humanité : tout cela nous poussera-t-il à agir ?" En tous cas, la fin de l'article nous interroge...
C'est dans ce contexte que je reçois la lettre de fin d'année du défi pour la terre, l'occasion de faire un petit point sur notre participation citoyenne à la diminution des gaz à effet de serre. Depuis l'inscription, du chemin j'en ai fait, des changements de manière de vivre aussi même s'ils ne sont pas encore complètement intégrés, et bien sûr malgré aussi le fait que nous ne mesurons pas bien l'ampleur et la complexité du problème. Des gestes anodins sont sûrement fait dont je n'ai aucune conscience de leur gravité. Que les initiations collectives émergeant de plus en plus m'en protègent. La création l'a bien compris qui m'interpelle constamment