Il faut parfois prendre de la distance pour mieux revenir. Nécessité de s'éloigner un peu pour mesurer la profondeur de nos relations et l'enracinement de nos rêves. Passer d'un temps à l'autre, d'une saison à une autre. J'ai besoin de tourner une page sur cet été passé pour m'ouvrir vers de nouveaux horizons. On n'aborde pas l'hiver venant comme on se promène sur une plage. Nous sentons les jours se raccourcir à la lueur de la bougie toujours plus présente et venir à nous les longues soirées. Le mois d'octobre, celui qui m'a vu naître, m'a toujours apporté ce sentiment étrange de plonger dans le crépuscule naissant. Vient m'envahir au fil des jours le sentiment le plus intime à tout artiste dans le silence de ses ébauches, la mélancolie, se prenant parfois à des excès d'expression. Nous entretenons toujours une relation complexe avec elle. Je la sais grande source d'inspiration quand elle peut aussi devenir aigreur et dépérissement au monde... Mélancolie.
Par ailleurs, je constate aussi que je me suis totalement immergé dans ma nouvelle saison et que rapidement le boulot a pris le dessus se fixant déjà au bout d'un mois dans une routine de fonctionnement. Si pour autant je me sens beaucoup plus à l'aise que l'année précédente, ayant maintenant une vision générale du fonctionnement de l'établissement, anticipant mieux mes charges de travail et ayant une gestion plus juste de ma semaine, à nouveau les heures passées sur le bord du bassin s'accumulent et le soir venu je m'écroule sur ma banquette...
Alors ce qui peut sembler anodin, le temps d'une lecture, d'une simple méditation, s'efface devant la fatigue et s'oublie dans le quotidien happant. C'est négliger ce temps fondateur qui pose un regard essentiel sur l’œuvre du jour et la remet à celui qui en est le grand arpenteur, nous enlevant du même coup ce fardeau qui n'est pas nôtre mais affaire du Tout-Autre. Le soir venu, quelques mots lus en silence emportent le trop plein de notre cœur vers d'autres horizons et l'aèrent d'une vision plus large. L'infini de notre existence semble à portée de main et tout devient possible. Rien que l'écriture de cet article me redonne le goût et la volonté de réinvestir mes sources de documentations, de méditations. L'envie se fait sentir à nouveau de fouiner dans les livres, les grimoires, les revues, les bibles, les recueils, plaisir rendu aussi par leur présence proche dans cette nouvelle bibliothèque offerte.
Ce que je fouille avec attention en ce moment, c'est ma discothèque de vinyles et la collection de mixes du 'zoolook project' retrouvant de vieux sons, d'anciens imaginaires, d'antiques expérimentations... Je goûte aux mélodies souterraines, techno hold school... Je crois bien que le prochain mixe sera une réalisation plus aboutit de ce que j'avais tâtonné un soir venu, mélancolie en sous-sol. Good night.