|
"L'homme ne saurait se voir complètement en dehors de l'humanité ; ni l'humanité en dehors de la vie, ni la vie en dehors de l'Univers. (...) Mais alors, ne serait-il pas aussi le bourgeon dont doit émerger quelque chose de plus compliqué et de plus centré que l'homme lui-même ? N'y aurait-il pas, en avant de nous, une Humanité en formation, somme de personnes organisées ?" Il faut, essentiellement, que les unités humaines, prises dans le mouvement, se rapprochent entre elles, non pas sous l'action de forces externes, ou dans le seul accomplissement de gestes matériels, mais directement, centre à centre, par attrait interne. Non par coercition, ni asservissement à une tâche commune, mais unanimité dans un même esprit. C'est par affinités atomiques que s'échafaudent les molécules. Pareillement, à un plan supérieur, c'est par sympathie ( et par sympathie seule) que, dans un univers personnalisé, les éléments humains peuvent espérer accéder à une plus haute synthèse. A l'interieur de groupes restreints (dans le couple, dans la famille, l'équipe), c'est une expérience quotidienne que l'union, loin de diminuer les êtres, les accentue, les enrichit et les libère sur eux-mêmes. L'union, la vrai union, l'union d'esprit et de coeur, n'asservit pas, ni ne neutralise les termes associés. Elle les superpersonnalise. Généralisez maintenant le phénomène à l'échelle de la Terre. Imaginez que, sous l'effet de l'étreinte planétaire qui se resserre, les hommes s'éveillent enfin au sens d'une solidarité universelle, fondée sur leur communauté profonde de nature et de destinée évolutive... [...] En nous et autour de nous, les éléments du Monde vont sans cesse se personnalisant davantage par accession à un Terme personnel d'unification ; si bien que, de ce Terme de confluence ultime, rayonne, et que, vers ce Terme, reflue, en définitive, l'Energie essentielle du Monde. Quel nom faut-il donner à une telle sorte d'influence ? Un seul : l'amour.
|