Zoolook Project variations électroniques sur la vie

Nuits sonores 2005

Zoolook
Matrix reloaded Musique : "Inner waves" Space monkey
Like : résistance au ninkasi avec Kloé...
Dislike : le DV1 complètement blindé...
Méditation : M. Maffesoli

Nous avons vécu ce début de festival à hauteur de nos rêves et de nos aspirations, fort de ce sentiment d'appartenance à une communauté en devenir qui prend vie dans ces rencontres évanescentes et autonomes au travers des différents sens... L'arrivée en gare de Lyon Part-dieu au milieu d'une foule animée d'où se dégagent quelques festivaliers à leur conversation enthousiaste laisse planer ce sentiment que quelque chose se trame dans la ville. Un soleil de mai m'accueille et m'irradie le corps en ébullition de se savoir à l'honneur tout ce week-end. Coups de téléphone pour prendre rendez-vous avec les potes pour la soirée. L'émotion est palpable de savoir que l'on va goûter à des espaces inédits d'esthétique, que l'on va satisfaire ce besoin d'infini...
Pour se mettre doucement à hauteur de l'évènement, on écoute quelques dernières acquisitions ambient, chill et lounge, trip-hop et techno et on se visionne Blade Runner, conte à l'ouverture fantastique sur l'univers futuriste, depuis le temps que je voulais le revoir. Puis départ pour les subsistances. Après le tunnel de la croix rousse, l'effervescence se fait sentir sur les quais de Saône et on trouve miraculeusement une place. L'accès se fait sans encombre dans un esprit chaleureux avec une sécurité qui pour ne pas être absente est très discrète, à distance. Le lieu est à l'esprit de fête avec des lumières et des couleurs de partout, esprit de rencontre avec des tables, des transats, un espace de consommation aménagé, d'émulation avec un sound système en extérieur.
Nous prenons le premier passage qui donne accès à la cours carrée et dans le tumulte de la foule, le son sourd et rythmé prend épaisseur quand nous surgissons dans cet espace féerique à la verrière élancée dans l'immensité nocturne. Fascination ! Sourire extasié devant une foule en liesse dans laquelle se télescopent sons et lumières. Ivan Smagghe laisse place à Steve Bug comme l'indique les 4 grands panneaux qui se font face où sont projetés images subliminales sur les performances électroniques d'un danseur fou... Tout le mponde y va de son appareil photo ou de sa vidéo numérique. Les sons purement berlinois aux arpèges de synthé métallique nous enivrent tandis que les ronflements des basses transportent le corps sur des rythmes chaloupés et minimalistes...
Mais nous quittons la cours carrée pour rejoindre la salle Paul Gremeret où se produisent Rother & Mobius, rythmiques électroniques lentes sur fond de guitare planante, sur les traces de Kraftwerk. On appelle cela de la Krautrock et on se dit que Rother au regard sérieux derrière ses lunettes de professeur fixé sur ses machines n'est pas né de la dernière pluie. Le public apprécie largement auquel Moebius répond par un sourire à la fois pudique et gêné, un sourire de gamin émerveillé. Nous aussi, nous sommes fascinés alors que leur performance s'achève pour laisser place sur les écrans géants à Dj Poulet pendant le changement de plateaux. Et là, la fameuse curiosité de "cet artiste aux délires de psychopathes" n'est pas un mot inventé. D'abord troublé, puis amusé, on se prend au jeu, on jubile aux sons drum n'bass hallucinés et du coup on adhère complètement à la perf T.D.M.C. (tu danses mon chou ?). Génial !
Retour dans la cours carrée pour profiter de la fin du set de Steve Bug. C'est électro tout en restant soft, techno minimaliste sexy qui fait se déhancher. Rencontre de connaissances au milieu de la foule dansante, alors que s'entame le live de Mathew jonson aux sons prolifiques qui fascinent et qu'il sait nuancer pour jouer sur l'intensité. Il joue avec son public et c'est tant mieux. Nous allons boire un coup pour tomber sur la fin du live punk de Magas complètement cramé et retrouver Dj Poulet toujours plus hilarant.
Vient le moment tant attendu, le set de Richie Hawtin. A sa manière caractéristique, il entame doucement par un style très minimaliste, quitte à faire descendre la pression, et chaque son vient s'ajouter à l'autre dans une montée qui n'en finit pas. Il capte le public qui crie à la libération du beat. Et quand sort de nul part le boum-boum fédérateur, c'est l'effervescence totale, on sait que l'on s'envole pour un voyage sonore qu'on ne sera pas prêt d'oublier. Mélodies aux textures métalliques qui s'évaporent en écho dans la nuit, de grosses reverb vibrant dans le thorax qui hypnotisent... Pourtant je resterai sur ma fin, car à vouloir trop jouer avec le public, il ne fait pas assez péter à mon goût, multipliant les breaks qui n'en finissent pas de s'étendre.
Au sortir de la nuit, James Holden nous délivre un beat londonien plus percutant qui finit de rassasier le corps consumé dans une danse interrompue. Nous quittons les subsistances au petit matin, le coeur satisfait de cette expérience festive.

On remet ça le lendemain avec le circuit électronique, revigoré d'une après-midi langoureuse. Périphérique direction Gerland pour arriver au Ninkasi, haut lieu culturel de la nuit Lyonnaise. L'ambiance est quelque peu différente d'auparavant. Il faut dire que la soirée touche un public plus underground. Des groupes ça et là dans les rues alentours et au détour d'un carrefour, des flics en civil qui contrôlent un pauvre gars. Le "Kafé" fait dans le hip-hop et très vite nous allons au "Kao". On apprécie la gratuité d'accès aux contraintes minimales de la part du service de sécurité d'un tel établissement. C'est aussi la volonté du festival de préserver quelque peu les valeurs d'un mouvement alternatif. On monte directement à l'étage pour apprécier le spectacle. Une foule qui fait de la résistance une manière de vivre. En cela les vidéastes usent de symboles forts alternant images psychédéliques et détournement d'images de documentaires, de films sur un mixe très persuasif de Kloé au son drum n'bass survolté. Sa manière de mixer aux platines est sexy, alliant le geste souple et sensuel du Dj on the mix qui cale son disque au punch d'une killeuse du beat. Elle enchaîne les disques avec une spontanéité déconcertante sur un mixe d'une grande valeur tout en relançant la foule. Elle s'éclate et ça se voit, ça cogne et ça ramone pour la plus grande joie des teuffeurs. Un petit tour au bar où le serveur se contentera du peu de monnaie que j'ai. Sympathique, il discute le coup et nous convenons que le circuit électronique est riche d'idées, qu'il est bien difficile de faire un choix. Entre autre dans le même esprit la soirée "delabreaks" doit être pas mal.
Dans un style plus techno, "the hacker" ou "John aquaviva" ? Je me décide pour ce dernier au lieu plus accessible que je connais bien. Direction donc le DV1 sur les pentes de la croix rousse. Le club électronique Lyonnais est pris d'assaut et il est difficile de se faire une place. Le dj set de Moskito est bien cool et très vite John prend la relève dans une même continuité, pour évoluer ensuite vers des mélodies électro planantes. On quittera l'oiseau de nuit vers 3h30 plein de rêve dans la tête alors que dehors c'est la foule sous le porche d'entrée. Quais lumineux et routes désertes...

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