Aujourd'hui, j'ai lu. Ca faisait un moment que je n'avais pas pris le temps. J'en avais besoin. Et c'est impressionnant comme cela m'apaise. Comme si la conscience, l'intellect réclamait sa part de nourriture. J'ai lu un peu de tout, une chronique sur la peinture impressionniste, des poèmes et des lettres de Rilke, un extrait d'un essai sur l'oeuvre de Pierre Teilhard de Chardin, un bout d'essai sur "le phénomène techno". J'aime prendre le dictionnaire aussi et le feuilleter, découvrir des mots...
C'est alors que me reviennent à la pensée ces thèmes qui me sont chers, qui reviennent inlassablement et que je cultive intensément. A commencer par le féminin. L'autre est pour moi féminin et je pense que Dieu a quelque chose de profondément féminin. Par extension à cet "autre féminin", la mort semble être sa sœur qui converse beaucoup avec encore une autre, "Dame pauvreté". En cela le livre de la pauvreté et de la mort de Rilke est une mine d'or. Le corps m'est un thème souterrain dont je n'ai pris conscience que récemment. Je ne l'ai compris que très tardivement en cours de maîtrise que mon parcours scolaire et universitaire était de cette empreinte. D'abord le corps biologique puis après petit à petit la corporéité, le corps marqué culturellement. De cela j'en tire une profonde conviction pour la sagesse née de l'expérience. La vie, jusque dans ses retranchements si raisonnées et intellectuelles soient-ils, s'éprouve. D'où peut-être cette fascination pour le monde des apparences dans ce qu'elles manifestent, ce qu'elles donnent à voir. Je suis également fasciné par la notion de temps. Je n'en reviens pas comment l'on est terriblement conditionné par le temps, voir même tristement aliéné par celui-ci que l'on a enfermé dans un système de grande horlogerie. Ce qui influence largement notre vision si courte du monde, ne serait-ce que la notion de progrès qui en découle. Si les hommes savaient comme le temps est profondément subjectif... Il le vive parfois sans en prêter véritable attention lorsqu'ils trouvent que le temps passe ou ne passe pas. C'est peut-être pour cela que je n'ai pas de montre, pour mieux vivre de cette subjectivité. Les hommes découvriraient alors l'éternité qui se cache derrière chaque chose.