Alors le festival électromind, c'était nul. Oui, enfin bon, j'exagère un peu, mais tout de même. Ce festival sentait le pot pourri. Je m'explique : si à première vue, la programmation semblait alléchante avec un plateau relevé et assez conséquent, le concept lui-même n'avait rien d'attrayant et tenait lieu d'évènement commercial. Il ne suffit pas de rassembler en un même lieu une somme de DJ et autres artistes de musique électronique aussi bons soient-ils pour faire un festival. Il faut bien que cette fête ait un sens, que tant d'artistes aux parcours diversifiés et aux cultures si différentes s'unissent autour d'une même idée, d'un thème fédérateur. Ce qui est le cas par exemple à Lyon pour le festival des nuits sonores. Mais là c'était Beyrouth...
Après avoir passé le contrôle d'entrée, fait la queue pour prendre un ticket en lieu et place de nos préventes (expliquez-moi alors l'intérêt de la prévente ?!?), on accède à l'espace Grammont, ou bien plutôt à un vaste terrain défoncé, poussièreux à en crever d'éternuement, où s'éparpille ça et là les différents plateaux aux sons qui s'entrechoquent entre eux. Nous faisons alors le tour du propriétaire, cherchant désespérément l'affichage de la programmation dont le détail n'était écrit sur le site internet officiel... Et là, plusieurs surprises désagréables. Nous avons pour commencer plusieurs versions différentes, ce qui me fera louper Vibrasphere que je voulais tant voir. Cela veut-il cacher des artistes déprogrammés de dernière minute ? Ensuite la soirée a débuté dès 20h, bon on se l'accorde, mais avec des artistes phares ! C'est ainsi que je n'ai qu'apprécié la fin du set de Marco Carola qui passait de 22h à 00h. Enfin, si les plateaux trance, hardcore et french touch (personne sur ce plateau, les pauvres mecs...) sont bien définis, deux plateaux techno se font concurrence par leur style similaire avec des artistes de renoms de chaque côté. Sinon, on constate outre une déco très peu folichone, un son très sale... Sur la scène principale (je suppose...) pendant près d'une heure, le mur d'enceinte gauche n'arrète pas de s'éteindre, de craquer. Du coup nous allons à l'autre scène où débute le set de Steve Bugs, seul véritable moment de bonheur de cette soirée. Mais également un problème de son avec une saturation des basses pour compenser l'absence d'enceinte pour les médium ; on n'a plus le kick mais continuellement un ronflement infame. Ceci dit, ce sera vite corrigé. Steve Bugs à la prestation époustouflante de simplicité sur final scratch et pourtant offrant une techno minimaliste efficace, hypnotique, planante, heureuse, sur un mixe tout en subtilité alliant force et souplesse, qui sait relancer quand il faut avec une playlist d'exception... Génial ! Ce qui n'est pas le cas de Ben Sims, à l'enchaînement approximatif, en rupture et trop rapide. S'il mixe comme ça, je n'ai pas trop de mourron à me faire pour mon avenir de DJ, hein Madame Rizza ! On ira se reposer sur la pelouse du plateau transe agrémenté de sons psychédéliques full-on d'une grande efficacité, en attendant la prestation de Vibrasphere qui ne viendra jamais... Du coup on terminera sous les sons déversés par Vitalic (pour Dj Low, anciennement Dima, écouté dans ta compil) qui finira par mettre tout le monde d'accord avec une techno electro puissante et subversive.
Décidément la musique électronique n'a plus de frontière... attention à ce que ça dure.