Zoolook Project variations électroniques sur la vie

Scintillement

Clém
zoolook project © Musique : mon transistor
Like : Barbecue à la piscine avec tout le service
Dislike : trop cassé pour profiter de la fête de la musique
Méditation : le solstice d'été

Réveil en douceur d'une lumière carressant le mur du fond de l'appartement, il est 6h45. Attendre à la fenêtre dans la fraîcheur du matin que le café se fasse, il doit être 7h00. Partir à bicyclette par les chemins de traverse rejoindre le 'temple aquatique', il est 7h40. Reflet de lumière dans l'eau calme et ondoyante, il est 8h12 à la grande horloge murale. Entraînement pour la saison d'été par des mises en situations de sauvetage, je joue le rôle d'un baigneur se prélassant sur le solarium ; le soleil a déjà tourné pour révéler les intérieurs de l'immeuble d'en face, il est sûrement 10h30. Concours entre maître nageur : au 50 mètres je gagne contre le directeur qui me doit une bouteille, je plonge depuis la passerelle et conserve ma quiche faite maison, je perds contre Jean-Pierre François au lancer de perche, je m'incline au lancer de medecine-ball, je remporte la course contre la montre poste de surveillance - grille du fond du bassin au risque de me fracasser dans les gradins, je me fais pulvériser au shoot de cage à cage... les baies vitrées baignent de soleil, il doit être 11h20. Simulation d'intervention sur un noyé, j'irais me laisser sécher sur le solarium après cela... 12h44, heure de la fin de la séance de révision a sonné. Place au barbecue avec l'ensemble du personnel de la piscine sur les pelouses derrière l'établissement sous un grand soleil généreux. Le planteur du directeur est ennivrant à l'ombre des peupliers, il doit être 14h00. Chacun expose ses petits plats dont il a le secret et le directeur m'offre la bouteille gagnée, tandis que Jean-Pierre François nous fait les grillades. Après un tel festin, je m'allonge un peu à l'écart sur un banc irradié d'une lumière scintillante, soleil glorieux, il est déjà 16h00. Mon repos sera de courte durée, arrosé à coup de jet d'eau. Une bataille d'eau s'en suit qui finira en pugilat. 16h55 sur le bord du bassin, reprise imminente des activités, j'ai une mine suspecte dans le contre-jour, adossé dans l'entrebaillement de la porte donnant accès au solarium. Brise légère qui rafraîchit le corps exalté gesticulant pour ses joyeuses leçons. Le temple aquatique est envahit, créatures humaines bigarrées... Je fais la rencontre amusante d'une charmante jeune femme, il est sans doute 18h15, soleil chaud et fatigué. Le public laisse place aux associations et j'en profite pour nager un peu, histoire de me rafraîchir, de me reposer, d'éliminer je ne sais quoi qu'on imagine dans son ventre... Petit bain laissé libre sous les reflets bas du soleil qui offre des ombres subjugantes, nous faisons un mur à mur avec Jean-Pierre François que je gagne 10 à 6. Bras lourds et fatigués, muscles raides, pas lent et traînant pour aller à la douche, je quitte la piscine, il est 20h42. Harassé d'une journée pleine, je me pose sur ma terrasse, admirant au loin par-delà les toitures les lueurs du soleil encore haut dans le ciel. J'aère l'appartement usé d'une première chaleur, porté par de douces mélodies électroniques. Ciel embrasé qui s'éteint lentement de ses couleurs chaudes, il est 22h41.
Cela aurait pu être une banale journée de boulot venue se greffer sur mon jour de repos habituel avec ses tristes sarcasmes. Non, pour moi, à mon regard, ce fût autre chose... C'était une journée à la gloire du soleil, symbole du Très-haut, solstice d'été pénétrant qui rend toute chose merveilleuse.

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