L'homme moderne, emprisonné dans les grandes villes méconnaît la nature pour deux raisons : il en a perdu le sens cosmique, car il s'est habitué à un horizon étroit, limité partout par des constructions artificielles et ses conceptions utilitaires le rendent insensible aux "forces nébuleuses" qui l'environnent de toutes parts.
L'artiste vient révéler dans son immensité la nature, l'univers, la création.... Ses impressions premières sont la pluie, le vent, le ciel d'automne, le coucher du soleil, la lueur de la lune... Il se sent et il se sait proche des choses... La nature n'a plus l'aspect d'un décor idéal, elle a plus encore les traits d'une existence commune, d'une relation étroite d'avec l'homme. La nature n'est plus l'image d'un état d'âme ou bien la source de sentiments qui se déploient en effusions romantiques. La nature est ce maître qui nous ébranle et nous bouleverse en ces heures mystérieuses pendant lesquelles l'âme se fond en se cristallisant. Un tel maître ne se révèle que dans la nuit d'une vision intérieure lorsque nos yeux sont clos.
L'artiste doit posséder à la fois l'acuité des sens et la richesse de la vie intérieure. Il lui faut s'ouvrir au monde, à l'infinie variété de ses formes et de ses phénomènes et aussi savoir se recueillir en s'abstrayant du monde sensible.
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Les romantiques embellissent les choses et les réalistes accusent les traits déplaisants et cruels du monde. Le sage, lui, se fait l'ami, le confident et le chantre des choses.