Parfois je me dis, que même si tu n'existais pas, j'aurai vécu quelque chose de grand, et finalement peut-être qu'il faudrait te créer. Alors je croise ce regard d'une profondeur vertigineuse et d'une grande beauté d'amour et je me dis soudain, telle une révélation, que tu existe belle et bien, que tu t'élèves là devant moi dans ta plus grande gloire, car ta gloire à toi, c'est cette femme vivante, là devant moi. Ce sont aussi tous ces hommes vivants et toutes ces femmes vivantes. Ta gloire immense, c'est l'Homme vivant.
Et nous sommes donc finalement déjà en train de te créer. Le fait d'exister, le simple fait d'être, le fait de vivre, de grandir chaque jour un peu plus dans notre vérité, nous participons à ta perpétuelle création. Tu es ce Tout-autre, cette vague qui passe par dessus tout et pourtant Tu es cette plus infime parcelle de vie, cette fragilité au coeur de tout être. Tu es toute chose nouvelle, tu es naissance, tu es éclosion... Immobile dans la plus prodigieuse mobilité, et constamment mobile dans toute chose immobile, tu es cet ample mouvement, tu es ce long travelling, tu es ce traveller...