Chronique #36 : célébrer la nativité
22
déc.
2002
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Musique : "Ephata" mix Méditation : Je suis la lumière du monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, Mais aura la lumière de la vie. Evangile de Saint Jean |
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Au cœur de cet hiver de la nature et des hommes, ma vie prend insidieusement forme de dépérissement au monde : je craque
sous le poids du concours, la rude assiduité qu’il implique. Puis aussi un manque énorme d’affection dans sa plus douce sensibilité m’isole de ce monde. Dans ma solitude je rêve d’un
souffle d’innocence et de tendresse. A travers la liturgie de l’Avent s’élève la radieuse espérance, m’extirpant de cette pesanteur ambiante, me procurant une profonde joie
intérieure. De ma terre au long désir, j’aspire à l’aurore divine… la fête de Noël ! Célébrer la Nativité !
En cette période de quête incessante de réussite, d’honneur et de pouvoir, au travers de mon concours, de ma vie, quoi
de plus utile et salutaire que de faire éclater la gratuité de Dieu dans sa profonde humilité. Retrouver l’humanité de Dieu, son
avènement de douceur dans la vision de l’Enfant-Dieu.
<< On ne peut accueillir la vie divine sans respecter toute vie, la vie humaine, mais aussi toutes les formes de
vie, sans fraterniser avec toutes les créatures. Cette fraternité est la simplicité de la crèche, l’humilité originelle dans cette
proximité divine qui nous rapproche des plus humbles créatures, nous fait réintégrer le vaste cercle de la création, devenu "berceau" divin. >>
<< C’est par cet humble détour aux choses les plus simples, dans la grâce de l’émerveillement, en s’ouvrant à une
volonté universelle de pardon et de paix, que l’âme rencontre réellement Dieu. Il s’agit ici d’une paix et d’une sérénité gardées au milieu des exigences de ce monde, grâce à une
ouverture et un consentement cordial à la nécessité d’en bas, une réconciliation avec sa propre primitivité, un amour qui surmonte toute
haine, toute angoisse, toute peur. >>
<< Ainsi réconcilié avec ses forces vives, avec sa totalité affective, charnelle, l’homme naît à une personnalité
nouvelle, vaste comme le monde, ouvert sur la totalité de l’être, accueillante au mystère de l’autre dans toute son épaisseur. Il ne vit plus d’une vie séparée mais il participe à la
vie même de l’Etre. Il est dans l’ouvert de la grande espérance. L’Eternel lui-même est son espérance. >> La douce espérance est émergence de l’être dans le courant du devenir, orientation dans l’absence d’horizon, réconciliation dans la nécessité, confirmation de l’éternité, retour dans la plénitude du Verbe.
texte inspiré de "Le soleil se lève sur Assise"
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