Le tournant de ma saison sportive s'est joué sûrement ce week-end. Et paradoxalement, au coeur de la tourmente, au paroxysme de la tension d'un match, suite à la défaite obtenue, je retrouve la paix. Paix intérieure par-delà le tumulte extérieur. Parce que j'ai tout donné. Je me suis livré sans retenue, passionnément, entier. En ce match symbole, figure de mon travail, de mon ouvrage, j'ai livré toutes mes forces dans la bataille. S'est rejoué en moi l'antique combat de jacob...
Je suis parvenu jusque là sans encombre. Et pourtant sous la lueur des veillées, le combat avec mon ombre avait commencé. Sournoisement, un sentiment d'indignité s'était glissé dans l'âme, y distillant son fatal venin, me laissant en compagnie seule de ma conscience empoissonnée. L'horizon s'était obscurcit et cette conscience larvée avait pris les traits d'une forêt impénétrable. Et en ce jour "cool hard day", je me trouvais seul et démuni au milieu du temple aquatique, face à mes disciples, la foule nombreuse, ipié par le regard des grands prêtres. Je n'ai plus que pour moi par-delà la fougue de la jeunesse, par-delà cette ardeur un peu folle qui allie la naïveté des premiers temps et l'envie de briller, cette sincère passion envers mon métier. Je n'ai aucun mérite à faire valoir. J'ai perdu 'mon' match, je ne serai sûrement pas champion. Mais est-ce l'essentiel ? Derrière cela, la carrière de joueurs se construit. La formation d'un joueur se fait sur le long terme. Je compte trop sur moi-même pour parvenir à faire éclore un talent. Je compte sur moi-même, mes propres forces à en être malade, aussi les alliances politiques... Quelque part, on ramène tout cela à la mesure de ses médiocres ambitions. On cherche la grandeur là où elle n'est pas. Ma seule grandeur, tout le sérieux et toute la naiveté d'un coeur en train de naître qui font ma passion inébranlable pour mon métier.