Au cœur de l’automne les journées se font imperceptiblement plus courtes, plus fugaces. Le déclin du jour vient souvent à
nous surprendre nous enveloppant d’une certaine langueur qui nous renvoie à nous-mêmes. Au premier instant de ces obscurités, nous nous blottissons alors dans une nostalgie des premiers temps. Nous aurions voulu retenir l’excitation d’un moment déjà enfoui, faire perdurer la ferveur qui nous portait auparavant. Mais
voilà qu’elle s’est éteinte au creux du soir.
Dans notre quête incessante d’absolu, il est des recherches multiples de compréhension, d’intelligibilité du monde, bien souvent des intuitions pêle-mêle, mélanges de conviction,
d’étonnement, d’interrogation, de fascination qui se transforment parfois bien tristement en des impasses ou d’autres fois plus douloureusement encore en des abîmes redoutables et
effrayants de ce qu’ils peuvent avoir de profondeur insondable, se perdant dans un océan sans rivage que l’on aura jamais fini d’explorer. C’est ainsi qu’à défaut de certitudes et de
vérités, nous aimons à nous rappeler ces moments de joie vécus, dans l’espérance qu’ils nous réchauffent le cœur. Besoin d’éprouver une forme de bien-être diffus et distrayant dans
le silence du soir afin de se rassurer et de pouvoir s’immerger dans cet abîme qui s’ouvre devant nous. Alors nous côtoyons les rêves insensés et
les pensées mystifiantes…
Dans un avenir qui nous semble parfois bien improbable, il est bon de se rappeler que l’attente de jours meilleurs ne doit jamais être passive et démobilisatrice. Et si notre parcours
semble particulièrement difficile à quelques heures égarées, nous devons au moins nous appliquer à porter un regard fraternel sur notre réalité quotidienne qui nous fera voir toutes
choses nouvelles…
C.C. 10/2004
Prolongement :
- Le chant des sources, Eloi Leclerc, 1976
- Matrix Revolution, Andy et Larry Wachowski,
2003