Musique : Albedo mixed by Nova
Like : La forêt enchantée
Dislike : péripéties gastronomiques
Méditation : Cantique des créatures de Saint François d'Assise
 
Ballade en bordure des lacs de Plivicé dans un grand parc naturel bien préservé, malgré que cette nature ait connu les affrontements des hommes. Au file du parcours se laisse dessiner une création qui a quelque chose de pure et d'innocent en ce qu'elle a d'originel. Une nature enchantée qui m'en rappelle également les ballades dans les grandes forêts domaniales de la Bretagne.
Etonnant de coïncidence, je médite ce matin le cantique des créature de Saint François. Comment un homme, gravement atteint par la maladie, souffrant atrocement des yeux, quasiment aveugle depuis quelques années, a-t-il pu écrire, un cantique, émerveillé devant la beauté de la création ? Peut-être parce qu'au-delà du caractère léger et insouciant de ces strophes, se cache une longue expérience familière au monde, l'intuition que toutes créatures, les animaux et les végétaux, mais aussi les éléments, êtres inanimés, sont tous constitués, comme nous, de la même mystérieuse matière, poussière d'étoile, proviennent de la même poussée créatrice. Entre eux et nous, il n'y a pas coupure radicale, mais lien à mettre en lumière. Et si le soleil, la lune, les étoiles, l'eau, le vent, et notre Terre, mère nourricière, sont autant de signe de la prodigalité du Très-Haut, François n'en n'oublie pas pour autant leur ambiguïté parfois dévastatrice laissant pressentir le contraste avec les deux dernières strophes. Au milieu de cet harmonie des choses, apparaît alors le monde humain dans ce qu'il a de plus tragique : affrontements, blessures relationnelles, maladies, angoisse, cataclysme et mort. Mais voilà que François chante par-delà ces tristes et douloureuses réalités, une mélodie apaisée, celle de l'amitié, de la fraternité, du pardon et de la paix, celle de l'amour. La force et la beauté de ce cantique provient de ce que deux visages contrastés de la réalité s'y trouvent associés et réconciliés. L'un ne va pas sans l'autre. On ne peut nier ni l'un, ni l'autre. Le Dieu auquel je crois se manifeste dans la splendeur de la création comme au sein de la nuit humaine quand elle est assumée. Ma joie peut jaillir aussi bien de la contemplation de "l'ordre admirable du créé" que du plus profond de la souffrance humaine, lorsqu'on devine et accepte sons sens caché. L'amour plus fort que tout peut en être une des premières clés...

N'est-ce pas en ce lieu visité aujourd'hui à la beauté irradiante que l'homme connu des souffrances humaines, il y a de cela à peine une dizaine d'année ? Mais par amour pour l'homme et pour le monde dans lequel il vit, il a su redonner à ce lieu tout son enchantement. Me vient alors sur le bout des lèvres au détour du chemin, une douce mélodie, celle du psaume de la création.
 
 
Tag(s) : #Prière - coeur à corps

Partager cet article

Repost 0