Musique : dj sets...
Like : un trip...
Dislike : défaite...
Méditation : la vie devrait être une fête perpétuelle...

Je plonge dans le week-end avec un sentiment mitigé : la satisfaction d'avoir acquis la confiance de l'équipe technique du club au point qu'ils me demandent de suppléer à l'entraîneur cadet suspendu lors du prochain match de championnat à Marseille et le regret de devoir sacrifier l'un de mes très rares week-ends de libre... Je tente donc en soirée de récupérer de ma longue semaine pour mieux me lancer dans ce week-end marathon, sans pour autant renoncer à ma ballade hebdomadaire de technoïde noctambule...

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Descente sur Paname pour une virée ludique à l'Elysé-Montmartre, de quoi se mettre doucement la tête à l'envers. On synchronise devant l'entrée alors que la salle ouvre à peine... décide donc de se poser autour d'un verre dans le troquet du coin, histoire de se raconter notre petite semaine... Connaissant les artistes, je trouve la promotion de la soirée mal orientée, et quand on accède enfin à la salle de bal, il ne m'est pas étonnant qu'elle soit encore parsemée... Tour de piste pour prendre la pleine mesure du lieu aux couleurs bleutées et se lancer tranquillement dans la danse... Le people arrivera sur le tard, sous les sons puissants et chaloupés d'Ewan Pearson, qui s'agrège au fur et mesure que le set d'Ivan Smagghe prend de la densité.
Sensations onctueuses de retrouver les siens, communauté éphémère de danseurs technoïdes... Mouvement chaloupé d'un pied sur l'autre, regards complices, deux ou trois têtes qui me sont famillières... Andrew Weatherall nous fait partir loin avec entre autre le "Audion - Mouth to mouth"... Puis l'oubli dans une danse éperdue à l'incidence érotique, sincérité hédoniste, pur plaisir des corps... Mais déjà le son s'éteint et moi qui voudrais tellement que cela ne s'arrête pas... Retour dans les rues qui s'éveillent sous les soupirs de la lune extasiée... Croissants qui sortent du fourneau... Récupérer quelques heures avant de partir en championnat....

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Réveil décalqué genre quatrième dimension... Pluie fine au petit matin sur les chemins de traverse... J'ai l'air d'un zombie à la gare au rendez-vous de l'équipe. Je laisse mon collègue gérer l'intendance et je terminerai tant bien que mal ma nuit dans le train direction la cité phocéenne, Ephata dans les oreilles... Le coach m'offre le café pour une discussion entière sur la politique de notre club, les possibilités de développement... Je sais pour avoir entamé ma troisième saison, les motivations intrinsèques et les réticences des dirigeants à évoluer, les contraintes pesantes d'un système vérouillé autour de l'équipe première au détriment de la formation, un club sans âme qui se laisse vivre et rechigne à se remettre en question... Il est temps de regarder à l'horizon pour un éventuel exode... L'entraîneur de Marseille, vieille connaissance au passé glorieux, vient nous récupérer pour nous lâcher à l'hôtel du vieux port. Les mômes négocient les piaules, je me retire dans la chambre. Instant suspendu tant prisé comme je les apprécie.... M'en vais boire un coup avec un pôte du coin qui me pousse à descendre dans le sud, avant de rejoindre l'équipe au restaurant... nuit pleine.

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Réveil matinal appliqué aux préparatifs consencieux déjà en alerte pleinement tourné vers le match. Arriver dans la salle de restaurant en premier pour donner le ton de sa présence, marquer de son assurance les joueurs afin d'aborder la journée de championnat avec détermination. On arrive au cercle encore endormi, fièrement retiré sur la pointe des Catalans. Le lieu est d'une incroyable beauté sous les couleurs d'un hivers doux et me rappelle de bonnes sensations. Echauffement au bord du bassin olympique, tandis que je prends des nouvelles du coin... Il semble leur manquer un entraîneur, mais ils ne sont pas non plus prompt à en dénicher un et s'accomode de la situation... Enfin je leur signale au passage que je suis toujours intéressé à intégrer leur équipe technique...
Dernière journée de la phase préliminaire du championnat de france cadet (- de 17 ans). Notre situation délicate au classement nous impose de gagner un match pour se qualifier en poule haute. Contre l'équipe locale, tenante du titre, ce sera dans l'antre catalane en début d'après-midi mission impossible. Nécessité impérieuse de gagner alors contre Saint-Jean-d'Angély, équipe redoutable mais pas intouchable. On attend beaucoup de ce match donc, sur lequel je remplace au pied levé l'entraîneur suspendu... L'entame de match catastrophique montre les lacunes d'une équipe désinvestie, inhabituée à évoluer en grand bassin, venue ici finalement en week-end tourisme. Je prends pleine mesure de la situation pour déballer à la mi-temps un spitch assassin alors que nous sommes en retard de 5 réalisations. Sursaut d'orgueil qui ouvre sur une plus grande rigueur défensive et permet de revenir à la marque. Mais cette débauche d'énergie à courir après le score, nous coûtera en fin de rencontre de précieuses occasions devant le but, par facilité, par manque de lucidité et de maturité dans le jeu, par une absence totale de tenacité, finalement d'âme de compétiteur.... Même si je suis relativement satisfait de ma prestation, beaucoup de regret dans ce match, déblatéré autour d'un café au bar.
Repas en terrasse sous les doux rayons d'un soleil vaporeux pour ensuite s'assoupir dans les gradins devant un non-match, tellement la domination sudiste est écrasante. Le match contre marseille prendra les traits d'une formalité, nos chances de qualification étant définitvement éteintes. Après une première mi-temps honorable, je me poserai pour regarder l'équipe locale imposer sa puissance physique, contre-attaque après contre-attaque, avec ses joueurs, de véritables mobylettes... Je quitte le temple aquatique avec un goût amer, sentiments confus d'impuissance, de sacrifices vains...
Long retour sur Paname sur un trajet retardé. La tension tombe et le corps s'écroule épuisé de s'être consumé avec avidité. Esprit fatigué qui somnole entre deux mondes, s'offrant un voyage onirique sur les sons de Aurore, Sourdre et Constellation...



Tag(s) : #Quotidienneté

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