Musique : Fahrentheit project part 6, Ultimae rec
Like : a way of life...
Dislike : repos trop court...
Méditation : Paysage, Les Fleurs du mal, Baudelaire

Petit week-end chaleureux entamé sur un vendredi aux couleurs apaisées. J'avais débuté cette journée par les vacations des écoles primaires, enfants mutins à la belle aisance dans l'eau. Puis l'heure de mon évaluation annuelle était venu. Une comédie à trois, encadré de mon chef de bassin et du directeur de piscine. Les propos sont plutôt élogieux : esprit curieux, intéressé par son métier, désireux d'apprendre et de se former constamment. Cependant quelques détails futils (tenue, retards intempestifs quelques peu ciblés) sont une entrave à la possibilité d'avoir par la suite des responsabilités dans l'équipe. La note est anecdotique... Petit jeu de miroir avec mon chef de bac, JP mon mentor. L'estime est mutuelle, et quelque part je me reconnais en lui. Homme généreux dans l'effort pas toujours reconnu par ses supérieurs, très pro dans son métier, capacité à fédérer son équipe, à la soutenir et la défendre devant les dirigeants... Je sais que j'avance parfois dans une forme de mimétisme... Prise de poste pour la fin de journée. J'aime bien ces 3 heures de surveillance du vendredi soir, car ce sont les habitués qui viennent se baigner et l'ambiance est plutôt apaisante. Certains prennent le temps de s'arrêter et discuter.
Je reste un peu à la fin pour regarder l'entraînement de l'équipe première sous les directives du coach russe. C'est d'une rigueur remarquable : travail de déplacement, de vitesse, de passes, puis travail tactique. Les changements de situation de jeu se font rapidement. Pourtant une consigne de défense n'est pas appliquée, l'entraîneur s'irrite quelque peu, élève la voix, demande l'attention de tous. La même erreur est reproduite. D'un seul geste, le coach attrape la perche à porté de main et frappe violemment le bord du bassin. Silence. Il invective en sa langue son jeune compratriote, joueur russe formé à son école. L'équipe répète la phase de jeu commétant la même erreur. D'un geste vif, tout le monde a cru qu'il lui envoyait la perche à la figure tel un javelot, alors que celle-ci vole déjà dans les gradins produisant un vacarme indescriptible. Un simple mot au joueur qui recommence la situation de jeu pour obtenir ce qu'attendait le coach. Il fera office par la suite de joueur exclu pour le travail de zone moins. En fin de séance, le coach m'expliquera dans un français clair à l'accent typique des pays de l'est que le joueur se doit d'être attentif pour entendre et comprendre la consigne de jeu qui lui est spécifié. A ce niveau, les automatismes sont en place qui doivent permettre de s'adapter à un projet de jeu particulier.

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Réveil difficile ce samedi matin... Je traine quelque peu sur mon canapé à feuilleter les fleurs du mal... Déjà l'heure de la séance d'entraînement de mes jeunes pousses. Répétition d'une phase de jeu sous les rayons de soleil qui chauffe la baie vitrée, les joueurs s'appliquent. La plongée vient prendre d'assaut le bassin. Je me retire dans notre salle de repos pour me restaurer et continuer à feuilleter quelques textes. Voici le public et mes petites crevettes pour leur leçon particulière. Un peu de musique pour apprécier ce doux soleil d'automne : "Fragrance" et "Somptuaire". Les premiers spectateurs viennent investir la piscine et les supporters du club adverse installent leur tambour. Le championnat élite ouvre son bal au temple aquatique. Dirigeants, partenaires et élus défilent, femmes des joueurs s'exposent, communautés russe, serbe et hongroise viennent encourager leur compatriote. Joyeux spectacle pour la première de l'entraîneur russe au club. Présentation des joueurs. Tension d'un match essentiel pour l'issue de la saison. Je fais les stats sur le banc, pendant que le coach me renseigne sur les infos qu'il veut voir apparaître sur la feuille. Je suis impressionné du calme apparent qu'il dégage au bord du bassin. Pas de star-system dans son équipe, la moindre erreur de jeu et c'est une sortie garantie sur le banc de touche. La victoire se dessinera en toute fin de match alors que l'équipe aura menée de bout en bout. C'est la liesse dans les tribunes, tandis que l'équipe remercie son public. Les cadets prennent leur place dans le bassin pour un match sénior d'envergure régionale et une victoire sans véritable opposition. Je jouerai par la suite sur le tard dans un match de National 3 à sans unique sans grand intérêt pour quitter le temple dans la nuit. Pour fêter ça, couscous chez les amis, vodka chez les russes. Décidément le polo in the water, it's a way of life.

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Réveil encore plus difficile en ce dimanche matin... 15 minutes après je fais l'ouverture du temple aquatique les croissants à la main et le café en train de se faire, pour prendre une douche dans l'estanquot. Public bourgeois et désagréable du jour solennel. A la fermeture, je file chez mon cousin maître Phil et the Sylvie écolo pour fêter mon anniversaire. Ma cousine jumelle est là avec son english. Ils reviennent de vacances en arménie (oui, c'est possible). Apéro, repas de famille et surtout champagne. Mais Maître Phil n'assure pas un rond, il sert le champagne dans des verres à eau ! ça casse tout le charme et la joie que pouvait me procurer ce trop rare plaisir en ces temps. Ma couz m'offre "Paris, Doisneau", magnifique ouvrage qui retrace toute la collection photographique sur la cité. Ballade à Cergy sur l'axe majeur, mais la vue est couverte. On terminera sur Port-Cergy à flâner au bord de l'Oise. Grand air ressourçant. Soirée scintillante dans un face à face avec Baudelaire...

Tag(s) : #Oracle au temple aquatique

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