Musique : Nocturnes - Zoolook
Like : son regard complice
Dislike : visiteurs du dimanche sans respect du temple aquatique
Méditation : L'excellence est celle de la relation. Loret

Un week-end de taff au temple aquatique plutôt monotone et du coup désabusé. Les gens ne pensent qu'à eux, indifférents au monde et peu reconnaissants des services mis à leur disposition. Les liens partagés réduits à des relations marchandes. L'illusion de croire que l'argent permet l'accès à tout et offre tous les droits...


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A contre temps de ces deux jours monocordes, je plonge dans la nuit pour un trip aux songes polyphoniques. En marge de la techno parade, soiré psyché trance au cabaret sauvage : "password is love". A regret, Audioraphy75 ne peut se joindre à la fête et Testo déjà en orbite après avoir paradé s'est perdu dans Paname à la recherche de la soirée mythique qui n'existe pas... ah, le mec... C'est finalement seul et la tête dans la stratosphère que je bulle dans le parc de la vilette, le long de l'ourcq...
Arrivée sur les lieux peu après les 12 coups de minuit, je bloque sur une vieille connaissance de soirée posé entre les stands fluodélik, bio. Echanges amusés et puis je fais un petit tour de piste, le temps de prendre la pleine mesure du site et que je m'habitue à l'intensité sonore. L'ambiance est déjà bien enlevée quand Senix laisse sa place à Dado. On ne va pas perdre les bonnes vieilles habitudes de Nicole, une p'tite bière pour ouvrir le bal. Puis hop là, on plonge dans l'arène, corps mouvant... Des transers autour de moi au visage radieux s'avancent au fur et mesure que le set prend forme. Gestes aériens, mains tendues, balancement léger et souple... Un mix qui percute bien avec de belles mélodies. Show aérien pour la reprise des platines par Ninja. Fascination du corps, fascination des corps en transe, environnement étouffant...
Ce soir encore une fois je n'échappe pas à la règle commune : systématiquement abordé par des guys quelque peu entamés à la recherche d'un taz, ou encore des protéiformes aux avances déplacées et vulgaires. Je trouve enfin ma place dans un coin de salle autour de joyeux transeurs danseurs fous, moins sollicité de toute part. Regards complices associés à quelques gestes et mots amicaux qui procurent une formidable énergie. Il faut croire que tout le monde ne se fonde pas dans la même osmose : après une bousculade intempestive, je pose une main fraternelle pas toujours bien considéré... Soit les gens sont trop coincés, soit ils pensent qu'avec leur sexe. Moi, ça me permet aussi de rester arrimé à la planète parce que j'ai l'impression parfois de commencer à léviter...
Live d'absolum, sourire d'illuminé. Les longues plages trance full-on résonnent dans ma poitrine, les mains jointes sur le plexus qui intériorisent ces ondes positives. L'extase dans une dance éperdue à l'incidence sexy, sincérité des corps, pur plaisir hédoniste. Une psyché girl m'offre le calumet de la paix, me chuchotant du regard le mot de passe. J'apprécie beaucoup... mais celle-ci s'est déjà éclipsée quand je relève les yeux... Nos espaces-temps se sont croisés dans une dimension merveilleuse pour s'échapper sur leur ligne de fuite. Un fragment d'instant d'union pour une communion éternelle. Un ange a plongé dans mon sanctuaire...
Après une petite pause, je replonge de plus bel. Transwave continue en nous offrant un live fabuleux. Je regrette juste les coupures nettes pour les breaks qui coupent le rythme... A ce moment là je suis en apesanteur, une manière d'être esthétique. Je me pose un peu sur le live de Triptych pour appréhender cet ensemble de formes, de perceptions, de sensations, d'apparences, pour mieux refermer cette béance. Il est déjà l'heure de quitter cette effervescence.

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La réalité affleure dans le matin. Sur le périph, les frêles lumières semble disparaître dans le jour. Je m'arrête à la boulangerie prendre quelques viennoiseries encore toutes chaudes et file au temple aquatique. J'accède par les coursives aux bassins encore silencieux. Masse d'eau calme qui semble m'attendre. Je plonge pour embrasser l'élément d'un geste lent et appliqué... Je pars prendre une douche pendant que le café se fait et voici les premiers nageurs venus faire leurs longueurs dominicales. J'entame laborieusement ma prise de poste. Quelques gentilles fées et joyeux lutins, enfants de 5/6 ans venus pour des leçons particulières, me berceront d'insouciance et d'enthousiasme...


Tag(s) : #After : retour de teuf

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