Musique : "Sourdre" mix

Méditation :
O mon Dieu, donne à chacun sa propre mort,
donne à chacun la mort née de sa propre vie,
où il connut l'amour et la misère.
Rainer Maria Rilke, Le livre de la pauvreté et de la mort



Au cœur de l’hiver de la nature et des hommes, la vie s’est endormie contre le rocher, tout près de la pierre, jusqu’à se confondre avec la dure parois. Elle est là, immobile, qui écoute la marche du monde, grande et inébranlable comme une montagne, aussi humble que la souche isolée au milieu de la plaine. Elle sonde au lointain ces étendues vastes et implacables qui l’entourent depuis la nuit des temps.
Cette vie profonde soustraite au monde enserre l’homme et lui pèse à chaque pas. Elle le rend ermite au milieu de la grande cité mère, portant regard sur les nombreux spectacles variés du quotidien. L’homme à distance regarde, retranché dans une nécessaire solitude. Perdu dans la ville sans fin, il arpente ses dédales où n’apparaît que de reflets la voûte céleste. L’esseulement enfin l’attire dans le fond de ses propres gouffres à lui où il a besoin de cultiver et d’achever son univers le plus intime. Cette transparence à la vie l’ouvre à la permanence des choses et fait de l’inéluctable fin des merveilles à venir.
Du centre de son existence, une onde fraîche parcourt la vie qui la pénètre en sa terre la plus retirée. Discrète et mouvante, elle sourde de l'intérieur du monde telle l'inéluctable sens à la ferveur ténue, aux charmes de l'enfance innocente et indépendante.


C.C. 01/2006



Prolongement :

> le livre de la pauvreté et de la mort, Rainer Maria Rilke, traduction A. Adamov, 1940
> Rainer Maria Rilke : les thèmes principaux de son oeuvre, Robert Pitrou, 1938
> Le livre tibétain de la vie et de la mort, Rinpoché Sogyal, 2005
> Planète vie, planète mort : l'heure des choix, Marc Stenger, Nicolas Hulot, 2005

Tag(s) : #Chroniques

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