Musique : "Subliminaire" mix

Méditation :
Si dans votre pensée vous devez mesurer le temps en saisons, que chaque saison enveloppe toutes les autres et qu'aujourd'hui embrasse le passé avec souvenir et le futur avec aspiration.
Le Projète, Khalil Gibran.



Il s'agit de faire un renversement de valeur : l'individu ne doit plus être au service du temps, mais au contraire, le temps au service de l'individu. L'homme doit s'évertuer à librement disposer du temps. Là encore, le temps rythmé, cadencé, mesuré ne doit plus conditionner notre présence au monde, mais l'inverse : c'est notre présence au monde qui détermine notre forme de mesure du temps jusque dans la prééminence de l'instant. Etre moins redevable du passé, donc de la nostalgie, du regret, du remord, et du ressentiment aussi ; être moins redevable du futur, donc de l'illusion, du rêve, de l'espérance, de l'incertitude tout aussi angoissante. Mais avoir la volonté d'investir pleinement l'instant présent. D'en retirer les plus grandes satisfactions. D'en ressentir toute la densité. Car notre présence au monde, subjective et singulière, n'adviendra définitivement qu'une seule et unique fois, dans des circonstances sans cesse nouvelles. Mesurons là toute la préciosité de l'instant, et par là-même toutes les potentialités qu'il recèle. Sachons profiter du moment présent : plongeons dans celui-ci avec ferveur et en toute innocence afin d'imaginer, d'inventer et créer des occasions qui permettent l'émergence de durées magnifiques. La question ultime se réduit à l'emploi du temps qui nous est imparti : Qu'est ce que tu fais de ta vie ? Qu'advient ton existence révélée dans ta présence au monde ?

C.C. 01/2009



Prolongement :

- chronique #95 : prendre son temps
- Patrice Bollon, Manuel du contemporain, 2007
- Michel Onfray, La sculpture de soi, 1996
Tag(s) : #Chroniques

Partager cet article

Repost 0