Musique : Ease division 3
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Méditation : "La rose est sans pourquoi" Angelus Silesius


Si ce blog offre des ébauches d'idées [voir précédemment], des réflexions sur l'existence, très souvent à partir de l'évocation d'expériences personnelles, d'anecdotes quotidiennes, d'aventures propres - ce que je nomme pour ainsi dire des méditations élargies, il ne prétend pas pour autant au savoir ou à la connaissance, encore moins à la théorisation ou à la conceptualisation. A force d'avoir trop d'idées sur la vie, on finit par croire parfois que la vie est une idée. Mais la vie ne se réduit pas à une somme d'idées. La vie n'est pas théorie, la vie n'est pas concept.

Certes, la vie est faite d'un cheminement de pensées - ce dont veut rendre compte ce blog, au sens où ce cheminement de pensée est occasion d'appréhender le monde pour mieux s'inscrire dans celui-ci. Et donc en outre, la pensée a ses difficultés et ses exigences qui sont strictes : quand il s'agit de comprendre ou d'expliquer, on peut difficilement faire l'économie de la complexité. Vivre nécessite donc un fastidieux travail de compréhension du monde, lequel implique un effort de pensée, mais ne saurait pourtant s'y réduire. La pensée n'est qu'un moyen et le complexe qui s'y dévoile ne saurait masquer la simplicité de ce qui s'y trame, à savoir : la vie.

Penser ne peut se réduire à expliquer le monde et à amasser des connaissances sur celui-ci, et plus généralement, à simplement porter un esprit critique sur les choses, en quelque sorte à développer un art de la réflexion, certes louable mais seulement insuffisant à saisir l'existence en toute son épaisseur. Toute érudition acquise peut apporter des qualités indéniables de maîtrise des choses, des compétences techniques en quelque sorte, cependant associées à l'absence totale de sens - ce qui est profondément désolant.

Tout l'intérêt de penser est donc justement de s'offrir la possibilité de se débarasser de toutes ces pensées, de toutes ces petites conversations intérieures, l'occasion de nous débarasser de tout ce qui nous encombre et qui ne cesse de nous séparer du réel et de la vie. Ainsi, là où conduit ce cheminement de pensée, il n'y a plus de pensées, tout du moins plus de théories, plus de concepts. Il n'y a plus qu'un long silence qui vient simplement révéler une seule et unique réalité : la vie est. Et cela suffit.

La vie est faite d'une variété infinie de détails, d'une diversité innombrable de phénomènes. Elle est d'une richesse inépuisable, d'une complexité infinie. Mais elle n'en reste pas moins simple pour autant. La vie n'a rien à cacher, et surtout n'a rien d'autre à montrer que ce qu'elle est, simplement, en toute sa sensibilité et sa luxuriance. Et cela donne un grand silence qu'est le monde et la simplicité du monde. La vie en sa réalité est ce qu'elle est : simple, d'une simplicité qui n'est pas celle d'une idée (une idée simple est une idée facile à comprendre ce que le réel n'est jamais), mais celle de l'évidence de la singularité nue dans la conscience de soi.

Ainsi il me reste qu'à la fin, il y a l'évidence de la musique et la simplicité de la vie.
Variations électroniques sur la vie s'il en est.


à suivre

Tag(s) : #réflexions

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