Musique : "Sazanami" Puff Dragon
Like :
repos...
Dislike : quand même une réunion à 12h...
"permets lui d'être aussi seul qu'une étoile
pour qu'aucun regard ne vienne le surprendre
à l'heure où son visage change, bouleversé.
" Rilke

La connaissance et l'estime de soi sont des conditions essentielles au développement spirituel. Et elles passent par la reconnaissance et l'acceptation de la part obscure en soi, son action constante sur la personne. L'exigeant travail des profondeurs permet de porter un regard neuf sur le monde en composant avec elles, "une perspective holistique et non dualiste du réel".

*
* *


Voilà. Je sais aujourd'hui quelles ont été mes nuits. Je sais aujourd'hui quels ont été mes efforts à vouloir affronter mon Daîmon intérieur. Je sais cette volonté de prévenir toute recherche incohérente du chaos intérieur ou d'entretenir une proximité fascinante et dangereuse avec la part sombre de son être. C'était ce choix libre de vivre pleinement une expérience de "désert". C'était ce choix de vivre l'exode, de partir en route, de cheminer seul, d'expérimenter une vie de solitude avec ses heures d'inactivités consenties.



Dimanche 6 mars 2005

Méditation : Lentement devient un Fils de Lumière...
Musique : "Natural Born Chiller" Aleph Zero Records 2004
Film :
"Eyes wide Shut" Stanley Kubrick, 1999
Like : repos, méditation, prière

Ouvre nos yeux à ton invisible présence, Toi qui nous crées de boue, perpétuellement nous relèves par tes frères et soeurs attentifs à notre devenir. Je me suis évadé sur les mots liés et déliés de Rimbaud, jubilatoires et si mystérieux, poème "L'éternité" de 1872, alliance improbable du soleil et de la mer. De l'eau purifiante de Siloé et du rayonnement solaire de ta face, très hauts symboles. Oui, tu murmures tant de choses à notre regard évaporé pendant que d'autres se préoccupent de ton cas si dérangeant. "Eyes wide shut", yeux grands ouverts et pourtant si absent à ce qui nous est de plus chère. Voyeurs et si aveugles. Empêtrés dans nos rêves, nos fantasmes, nos pulsions mal interprétées. Oui, pétrie que nous sommes de ta chair aimante. "- Que reste-t-il à faire ? - Fuck" Férocité avide de ceux qui voudraient goûter si tôt à l'infini, s'oublier trop vite dans Celle qui se donne, l'Autre, et finalement qui les empêchent de te reconnaître, mère materna. A nous de ruminer les retrouvailles, communion, la venue du renouveau...relation d'amour promise à la joie.

De votre ardeur seule
Braises de satin,
Le Devoir s'exhale
Sans qu'on dise : enfin.



Mercredi 9 mars

Film : "In the cut" Jane Campion, 2003
Like : bataille dans l'eau avec les petits au jardin aquatique
Dislike : le dos griffé par des petits ongles crochus
Méditation : aspiration silencieuse au désert de la parole perdue...

Déchiré entre la brutalité des passions et la douceur des sentiments,
Entre le raffinement des pensées courtoises et l'agacement des révoltes.
Dark wood and below ...
Les minutes passent et comme une muse virevoltent,
Les mots vains In the cut se taillent en un délitement.




Les parties de soi, aussi pauvres et aussi déviantes qu'elles soient, laisseront voir la présence d'une grande richesse, à condition qu'on apprenne à les accepter avec intelligence, amour et patience. Et c'est une belle expérience qui nous fait entrer pleinement dans la vie, qui nous enracine en ses profondeurs. Entrer en soi, jusqu'en ce centre intouchable, irréductible, où recèle cette image de Dieu faisant de chacun de nous un être sacré, unique, personnel, au trésor inestimable. S'accorder alors à sa puissance créatrice...
Tout cela n'est pas de tout repos. Au contraire, ce fût exigeant, ardu... Au cours de ma démarche personnelle, suivant ma foi, durant le carême 2005 j'ai suivi lors d'un week-end une recollection sur l’Evangile de la résurrection de Lazare enseignée par Philippe Barbarin, évêque de Lyon. Cela a été un moment déterminant dans mon travail de réintégration de cette part d'ombre en moi. Et paradoxalement mon travail a consisté en quelque sorte à un non-travail. j'ai renoncé un moment donné à vouloir retenir toute la réflexion que pouvait provoquer en moi cette recollection, cette méditation du texte de Lazare. J'ai renoncé à intellectualiser ce qui s'opérait en moi à l'écoute de cette Parole. Quelque part, je lâchais prise, je me laissais envahir de cette Parole et je me laissais façonner par cette puissance créatrice.
J'ai toujours été troublé par ce passage de l'évangile où Jésus pleure à l'annonce de la mort de son ami et devant les dures reproches de Marie de Magdala. Oui, tout Dieu qu'il est, il porte en lui la grande humanité qui traverse tout homme. Tout Dieu qu'il est, il se trouve désemparé devant la mort inéluctable et pleure devant sa tragique réalité. Puissante émotion qui dit toute l'horreur. Un Dieu dont on sait par notre foi qu'il peut vaincre la mort, mais dont l'oeuvre n'en est pas moins là, mort hideuse.




Dimanche 13 mars

Musique : Small time, Massive Attack
Like : Sélectionneur
Dislike : quelle misère que je suis ...
Méditation : "Déliez-le et laissez-le aller."

Requiem for a dream Samedi 12 mars

Musique : "Purple" Aes Dana
Like : confession - tant aimé...
Dislike : confession - si nul...
Méditation : Alors Jésus pleura.




De ce long week-end au voyage intérieur, je n'ai laissé aucune trace écrite. J'ai laissé à son mystère la vie faire son oeuvre et germer au creux de mon être. Je l'ai laissé à sa liberté d'éclore. Et elle s'est dévoilé dans la discrétion d'un matin...


Lisa Cholodenko,  High Art Mardi 15 mars

Musique : BO de Kill Bill
Like : apaisé d'un combat d'avec soi-même.
Dislike : tête en l'air... "oh, Aterri Batman !"
Méditation : Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre. Ps 22
Ce matin, dès le réveil, une étonnante sensation de légèreté malgré pourtant une nuit aux rêves bizarres, voire sordides. Ça faisait un moment que cela ne m'était pas arrivé, à la fois les cauchemars et cet esprit de liberté. Mais là, quelle splendeur ! Le coeur libre et l'esprit pacifié. Une impression de hauteur par rapport aux choses. Je ne peux me détacher d'une telle émotion et en goûte les moindres saveurs devant mon petit déjeuner, dans l'oraison du matin... Le soleil est déjà haut dans le ciel...
C'est bizarre, parce que je pensais ma vie me procure tellement de bonnes choses au quotidien. Je fais un métier qui me plaît énormément, me passionne, au sein d'une équipe agréable, soudée. J'ai un peu de temps pour me consacrer à la musique, pour exprimer mes rêves, pour laisser naître ce désir de créativité. Créer. Je ne sais comment le dire : ma vie d'extérieure est lisse, d'apparence anodine, mais ma vie intérieure est bouillonnante, ardente, foisonnante. Et je crois que c'est cela même qui me procure une réelle joie et parfois aussi des déboires, car trop de désir de vie à canaliser, à apprivoiser, à exprimer. De temps à autre, égarement dans le pure plaisir, mais j'ai compris en fait que c'est l'expression immédiate, la plus spontané, la plus simple, la plus facile, la plus incontrôlée aussi, d'un désir plus profond, plus enraciné en moi, qui vient de loin et qui a tant à dévoiler, à livrer, à donner. Cela exige beaucoup de soi, mais cela ne se fera pas sans moi, sans se déployer dans son entier pour donner la vie solaire. Je comprends mieux ce mot fondamental, créer. Je disais il n'y a pas si longtemps, la vie est initiatique, la vie est initiation. La vie est de ce fait création. C'est cela même la merveilleuse nouvelle. Perpétuelle création. "... même s'il meurt, vivra."
Du coup, cet après midi en scolaire, sourire d'illuminé. Et "Mylène Farmer" qui me rappelle à la réalité professionnelle... je me suis planté dans les plannings de vacances pour mes remplacements. "Oh, Batman, atterri un peu !" Et oui Clém on l'aime comme ça.




Comme l'on sait que les drames les plus émouvants et les plus étranges se jouent dans l'anonymat du quotidien, dans le coeur d'hommes et de femmes ordinaires. Combien vivent sans attirer l'attention et ne trahissent en rien les conflits qui font rage en eux. On découvre alors qu'il y a des passages de l'ombre qui creusent une profondeur d'âme, une mémoire, un horizon et surtout une richesse intérieure capable d'amour, de créativité et d'offrande à la vie.. Cette tourmente m'a été favorable parce qu'elle me semble avoir renouveler quelque part le regard que je portais sur ma personne.


à suivre peut-être un jour........

Tag(s) : #Compendium : une vie en vrac

Partager cet article

Repost 0