Musique : Adoration de Zoolook : prochain mix en extrait...
Like :
bilan ophtalmo correct, je peux retourner dans l'eau...
Dislike : pression de mon directeur technique des équipes...
Méditation : Où s'en est-il allé, l'être de lumière, le rayonnant d'amour ? Rilke

Dès lors je m'efforçais donc de cultiver mon noeud de contradiction courant février et mars 2005. Car si durant cette période j'avais pu en percevoir et reconnaître les traits de sa manifestation, cela n'avait pas suffit à permettre de donner un sens profond à cette tension intérieure. Je m'exerçais donc à cette tâche longue et délicate d'entretenir et d'apprivoiser cette tension intérieure. Cela prenait différentes formes pas toujours conscientes à mon esprit.
Dessiner et méditer cette image au long de mes veilles contribuaient à m'apaiser et à m'unifier. " [...] C'est peut-être cela que je fais quand je peins à répétition cette figure du Zoolook sous toutes formes possibles..." Une manière de dessiner une figure symbolique qui me parle non pas directement mais qui parle à mon être profond, qui me dit de ce que je suis fait. C'est quelque chose de très vivifiant qui me donne de m'ouvrir aux réalités invisibles.
Je m'identifiais à des personnes ou des personnages, mettant en scène l'une ou l'autre facette de cette tension intérieure. Le témoignage de Juliette Binoche ou encore l'identification au traité excessif, radical de Michel Onfray, le grotesque d'un pamphlet... Je mettais cette tension en mot, en image, sous forme de fable, en regardant ces films "High Art", "Tokyo eyes" ou encore "requiem for a dream", "Eyes wide shut"... Je la symbolisait au travers de ces vignettes illustrant chaque article. Je m'identifiais à mes projections en tout genre pour en reprendre possession, ce qui ne voulait pas dire s'abandonner à celles-ci et s'y complaire. Les sentir, non pas y consentir, pour ressentir en soi la complémentarité des facettes d'une même réalité.



Lundi 28 février - Déesse

De retour dans mon pays, la lecture d'un entretien de Juliette Binoche me donne du baume au coeur. Incroyable richesse que peut avoir une âme lumineuse dans la discrétion du monde. On pressent un long cheminement intérieur devenant sagesse au fil du temps. Décrivant le personnage de Marie de Magdala qu'elle incarnera prochainement au cinéma, elle démontre ce que peut être la foi. "Un moment donné, c'est limpide en elle, et elle devient intouchable parce que sa force c'est son évidence ; c'est sa façon de se jeter sans calcul, sans arrière pensées". Elle est un coeur qui se sent rarement seul dans le silence, qui se sent accompagné. "Il n'y a pas le mot 'Dieu'. C'est là. On parle de présence sans pouvoir nommer les choses. A certains moments, ce lien avec l'invisible prend une forme ou un nom". On ne connaît les choses que pour autant qu'on les expérimente. Et l'expérience nécessaire de la douleur ramène à l'essentiel, au silence. D'abord la gorge nouée, on apprend à recevoir ce qu'on a en soi, ce que l'on est au travers de soi, entier, pour alors s'ouvrir au geste du corps, à la parole du coeur. "Le sacré, c'est dans la vie de tous les jours, c'est un geste, une parole, c'est une pensée, c'est faire la cuisine par exemple... C'est faire les choses avec conscience. Etre là. Le sacré, c'est faire un geste avec vérité et avec amour".
Et puis on fait l'expérience déroutante de la mise en chemin. On ose des choses par delà l'entendement... On se lance des projets... "Vous savez, il y a comme ça des rendez-vous avec un livre ou avec soi-même qu'on pose dans le futur". Je fonctionne tellement comme ça. Je sens que quelque chose se jouera à ce moment là. Mais il ne faut pas être pressé, prendre le temps. Attendre le moment venu. Instant où le coeur de l'homme rencontrera l'Esprit saint... Merveilleuse communion.
J'ai peur, je doute, je n'ose y penser... et pourtant je vois au plus profond de moi qu'un jour la noce aura lieu qui embrasera toutes les couleurs de l'humain.




J'essayais donc par de nombreux moyens, à plusieurs reprises d'explorer et de réintégrer les traits obscurs de mon être. Mais c'était aussi accepter que tout cela ne dépendait pas de moi et laisser au temps le temps de faire son oeuvre. Dès lors j'en appelais à la participation du monde céleste, invoquant les esprits, priant l'aide de l'esprit saint.



Vendredi 4 mars

Méditation : Le cantique des créatures de St François d'Assise
Film : "Requiem for a dream" Darren Aronofsky, 2000
Like : un colis d'Ultimae records
Dislike : faire les courses

Recueillir avec soin tout le jour les mots du Tout-Autre, Celui que nul ne peut nommer. Champs de neige au bord de la voie ferrée, goût de liberté. Ces eaux silencieuses au creux du soir que met en musique Solar Fields, expérience amoureuse de l'invisible présence si réconfortante... L'amour vaut bien mieux que tout sacrifice culpabilisateur... Revenons alors à la source que nous portons : Aimer de tout son coeur, de toute son intelligence, de toute sa force.


à suivre...

Tag(s) : #Compendium : une vie en vrac

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