Musique : Sourdre, Zoolook
Like :
retour du soleil...
Dislike : convalescence trop longue...
Méditation : Va au creux de ton être, là où rien ne peut ébranler le noeud de vie que tu es.

Voilà (début de la rétrospective par ici) L'exode (ce départ de la Lugdunum pour la Paname) devait devenir maintenant exode intérieur. Se retrouver seul face à soi-même dans son appartement, même en abordant un nouveau cadre de vie pleinement consenti, d'étudiant j'entre dans le monde professionnel, cela était quelque chose à éprouver. Dès lors mes tourments face à l'actualité venait réveiller d'antiques pulsions, vieux spectres inexprimables.


12/01/2005 : Insomnia

Cela fait trois jours que je dors très mal. Nuit agitée, mal de tête, engourdissement, somnolence sans vraiment dormir, éveillé dès 5 ou 6 heures du matin, même le jour de mon repos où n'ayant aucun impératif, je souhaitais faire une grasse matinée. Pourtant la fatigue se fait sentir rapidement en soirée et je me couche beaucoup plus tôt que d'habitude écrasé de sommeil. Mais au milieu de la nuit, je m'éveille au point que je me promène dans l'appart, histoire de passer le temps. Bizarrement je ne fais pas de rêve, je n'ai pas de songe qui m'envahit et vient me troubler. Pour autant lorsque je suis éveillé, je ne peux que penser au déroulement de la journée à venir et commencer à planifier intérieurement mes interventions. J'imagine que c'est en partie les aléas d'une vie passionnée par son métier, travaillée de l'intérieur par les valeurs que celui-ci porte ou tend à promouvoir sans jamais être certain d'être dans le vrai. C'est dur de travailler à modeler l'épaisseur humaine...



S'ils accompagnaient ce désir de solitude, ils venaient en exacerber violemment une première déception. Il n'est jamais facile de vivre seul, même quand on le désire. Il n'est jamais facile de s'ancrer dans la solitude. Nécessaire solitude.


19/01/2005 : anachorète

Distrayante et mélancolique solitude, je t'aime.
Tu attristes comme tu apaises...



Au virage d'une existence, l'ombre d'une vie vient toujours à s'exprimer, révéler ses obscurs trésors oubliés, rappeler ses dons inexploités et ses talents cachés, ces forces vives et sauvages qui ne demandent qu'à naître à la face de la terre. La profondeur insondable de nos souvenirs, les richesses fragiles, sensibles et précieuses de notre passé viennent clamer dans le tumulte du quotidien leur vérité propre.


17/01/2005 : La part du diable

Emotion grinçante qui fait mal et sombre dans la folie douce... D'anciens souvenirs d'heures effroyables me remontent au nez... Ces temps qu'on ne maîtrise pas... Ces faits qui nous dépassent, ces forces intérieures qui nous dirigent... Cet inéluctable... La stupeur devant ce que l'on a pu être l'espace d'un instant... Ne pas pouvoir l'accepter... Nier en bloc... Expériences en creux qui malgré tout construisent, façonnent, érigent un être dans le tragique... Peut être parce qu'au milieu de tout cela une perle d'amour suffit pour rendre toute chose belle. Cet après midi, l'entraînement des jeunes a été difficile, j'ai manqué de patience... Accepter cette part d'ombre et converser avec elle. J'ai revu Ken Park, histoire d'exorciser les vieux démons et de rendre sa part au diable. Musique d'ambiance : "Caramel prisonner" du groupe Air.


Vendredi 4 février 2005 - Songe

J'ai fais un rêve bizarre cette nuit...
Je me promenais au coeur d'une forêt dense à la végétation foisonnante, grouillante de branchages enchevêtrés. Et puis quelques ruines d'un bâtiment aux allures de complexe industriel. Dédale de couloirs, de coursives, de tuyauteries pénétrés par la végétation. Rêve aux teintes bleu-vert. Je dois m'extirper de ce lieu étrange, m'engageant dans des canalisations de briques et de pierres. Un mince filet d'eau parcourt le sol, suintement qui file. L'espace se réduit, je dois m'asseoir, ramper... Le goulot humide est de plus en plus étroit à la pente abrupte. Je m'enfonce dans ces souterrains au bleu sombre et finis par glisser le long de la paroi. Je perds pied dans un trou noir. Je sombre... Réveil abasourdi.



C'est alors qu'il me semblait nécessaire de faire un gros travail personnel, travail assidu, patient, compréhensif de reconnaissance de cet autre mal aimé en soi. Condition nécessaire à une vitalité assumée, une saine créativité retrouvée.


Mercredi 2 février - présentation au temple

J'aimerais un jour connaître la paix du vieux Syméon...
Goûter à la promesse dans le silence du lieu sacré.
Enlever ces chaînes et me délivrer de ce fardeau que je traîne.
J'aimerais tellement ressentir la douceur créatrice de ton étreinte,
et non plus celle étouffante du temps enfui.




à suivre...



Tag(s) : #Compendium : une vie en vrac

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