Musique : Transit, dj set Zoolook
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Surveillance retrouvée
Dislike : le chlore retrouvé, mal de gorge...
Méditation : Car il est quelque part une vieille inimitié entre la vie et la grande création. R.M. Rilke
Voilà. Je quitte la Lugdunum pour Paname, une vie pour une autre. Et en ce début d'octobre 2004, le vivant l'emportait qui reprenait consistance sur de nouveaux chemins parcourus (dimanche 10 octobre). Comprenant la nécessité d'ajourner toute ébauche, toute volonté obstinée de mettre en son d'anciennes visions, la tension intérieure se délia, le regard porté vers de nouveaux horizons (mercredi 6 octobre)... Accaparé dans mes nouvelles obligations professionnelles, loin des préoccupations antérieures, le passé à maîtriser s'amoindrissait et les conflits s'éteignèrent un à un. "c'est alors que sur mon chemin je me suis rendu compte imperceptiblement que la douleur intérieure avait disparu"... L'exploration singulière de cet être déchiré devenait reconquête du coeur ...


Dimanche 17 octobre :
Ce qui est intéressant au cours de ce quotidien, c’est de faire l’expérience du transit. Expérience étonnante de liberté. Beaucoup de gens rencontrés m’évoquent en premier lieu le désagrément que doit occasionner le fait de ne pas avoir de « chez soi ». Or je n’éprouve pas cette gêne. C’est ce que j’apprécie d’ailleurs de la saison estivale. Le boulot de saisonnier me plaît beaucoup pour cela. Découvrir un nouveau lieu, rencontrer de nouvelles personnes. Bien sûr, là c’est différent car je m’apprête à emménager dans un appart suite à l’obtention d’un travail de maître nageur à temps plein à l’année, mais il n’empêche que j’éprouve ce sentiment de transit, d’être en mouvement, faisant escale d’un lieu pour un autre, d’une époque pour une autre. Et dès lors, le regard, l’esprit, le cœur et le corps s’en trouve changé. Curiosité, nouveauté, fascination, étonnement, émerveillement. Quel contraste avec ce mois de septembre passé à la maison. Bon en même temps, si les conditions n’étaient pas idéales (questionnement et crainte d’une nouvelle vie, saturation du cocon familiale…), il y a tout de même cette centration sur soi, dans son chez soi, ramassée sur sa petite vie à satisfaire ses petites envies en tout genre. Une forme de suffisance. Alors qu’aujourd’hui, à l’identique de la saison d’été chez mes grands-parents ou encore ce séjour en Bretagne, il y a la sensation de voyager, d’explorer une nouvelle contrée, un nouveau mode de vie, de découvrir des nouvelles formes de vie, d’être complètement dans l’ouvert. Et tout à coup, tout semble devenir plus simple, même si les problèmes matériels et logistiques viennent nous rappeler la réalité de ce quotidien, tout se délie, tout est plus léger à porter. Le corps lui-même est moins crispé, moins irrité, moins avide car rassasié du pain quotidien, et devient plus calme, plus souple, plus amical. L’esprit aussi est plus reposé, même si d’autres personnes nous rappellent nos propres soucis, nos propres interrogations. Je suis dans l’ouvert, plus accueillant à toute chose. Je me surprends même à m’extasier et m’exclamer dans une louange vers ce Très-Haut… Celui qui semble en être l’origine…

Dimanche 24 octobre :
Encore une fois, le sentiment de la semaine dernière s'affirme et se confirme. Mon hébergement temporaire chez mon cousin rend mon quotidien vivant car il implique une forme de mobilité, de mise en mouvement de soi hors de soi, il conduit à une attitude de disponibilité au temps présent, il suscite une attention au monde qui nous entoure, un accueil des personnes qui viennent à nous... Et tout cela est tellement bon. Une sorte de bien-être aérien me porte, une profonde plénitude m'envahit...


Je pouvais réaliser là un mix techno qui complétait et élargissait le regard que portait le précédent sur mon quotidien, reflet d'époque, au concept Transit. C'était aussi une manière d'affirmer une concentration rapidement reconquise dans laquelle devait s'épanouir par la suite ces imaginaires qu'avaient réveillés la sortie de l'album Memory Shell d'Aes Dana et la soirée anniversaire de Mahiane. Je cultiverai tout au long du mois de novembre 2004 ces rêves au cours de voyages oniriques, notamment ce transit Lyon - Paris, ce retour une après-midi sur les lieux de mon enfance...

à suivre...

Tag(s) : #Compendium : une vie en vrac

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